Whitehorse : changement de plan !
Petite déception en arrivant à Whitehorse. Outre les feux de forêt non-maitrisés qui ne sont finalement pas si loin, avec une qualité d’air variable bien que correcte, la ville en elle-même est très loin d’être un coup de cœur. On a beau lire et entendre les témoignages de ces français tombés en amour avec la capitale du Yukon, on n’est pas dans cette sensation. Tant pis !
Après 3 jours sur place pour prendre un peu de repos après ces journées de route, c’est sans même chercher un emploi que nous repartons finalement toujours plus au nord vers Dawson City, l’ancienne capitale du Territoire jusqu’en 1952.
Le Yukon
Pour la première fois depuis notre arrivée au Canada voilà presque 9 mois, nous ne sommes plus sous la juridiction d’une Province mais celle d’un Territoire. Théoriquement, un territoire dispose de moins de pouvoir qu’une province et est dépendant financièrement de la Fédération. Dans le cas du Yukon, la plupart des pouvoirs ont cependant été transférés à l’assemblée territoriale depuis 2002-2003, mais sa faible population ne justifierait pas le passage au statut de Province. On estime que celle-ci serait comprise entre 40 000 -recensement de 2021- et 44 000 habitants, avec une forte et régulière hausse ces dernières années.
Le Yukon, séparé des Territoires du Nord-Ouest depuis 1898, tient son nom du fleuve Yukon qui traverse une grande partie du Territoire, avant de se jeter dans la Mer de Béring via l’Alaska. Il arrose entre autre ses deux plus grandes villes : Whitehorse (env. 28 000 habitants) et Dawson (1 577 habitants).

Une ville avant tout
Whitehorse est peut-être située dans le Yukon, elle n’en demeure pas moins une ville avant tout. On y trouve tous les services qu’on trouverait dans n’importe quelle autre capitale du pays : cinéma, grands supermarchés, services essentiels, etc.

Son centre-ville n’est pas particulièrement attractif, même si plusieurs bâtiments présentent un intérêt visuel. On en fait très vite le tour.


Le Yukon présente une importante communauté francophone avec près de 10% de locuteurs. L’AFY (Association franco-yukonnaise) édite par ailleurs un journal en français, l’Aurore Boréale. Même si, en chiffre brut, on reste modeste, on parle du plus fort pourcentage de francophones au Canada après le Québec et le Nouveau Brunswick !
Près du Shipyards Park, quelques cabanes anciennes, démontées puis réinstallées ici, sont exposées au gré des aléas climatiques. Certaines sont occupées, d’autre semblent condamnées à se dégrader. Une bien triste mise en valeur du patrimoine historique, partant pourtant d’une bonne idée. De là, la vue sur le fleuve permet de mesurer le débit de ses flots impétueux !

Le SS Klondike
La principale attraction de Whitehorse, c’est la visite du navire SS Klondike, qui assurait la liaison entre Whitehorse et Dawson avant la construction de la route en 1952. On comptait alors pas moins de 200 bateaux à vapeurs en service sur le fleuve Yukon ! Le Klondike, avec 64 m de long, était le plus imposant de ceux-ci.
Le trajet aller, dans le sens du courant, prenait alors 36 heures ; pour le trajet retour il fallait prévoir entre 4 et 5 jours. Durant les 4 mois de l’année où le fleuve n’était pas gelé, le navire à vapeur assurait des liaisons en permanence. La consommation de bois par la chaudière était énorme, nécessitant plusieurs arrêts en chemin pour faire le plein. Sa capacité de marchandise était d’environ 300 tonnes. Il était également équipé de quelques cabines de passagers Première Classe, incluant douche et électricité. Les passagers de Seconde Classe, eux, dormaient comme ils pouvaient sur le pont inférieur ou avec la marchandise.
Les trajets retours étaient utilisés essentiellement pour acheminer le minerai de galène de la région de Mayo, contenant une importante proportion d’argent. Après Whitehorse, celui-ci continuait sa route en train, puis à nouveau en bateau, jusqu’à une usine de transformation aux États-Unis.
Le navire actuel est en réalité le SS Klondike II : en effet, le SS Klondike I, construit en 1929, s’est échoué sur un banc de sable en 1936. Grâce à la récupération d’une importante quantité de matériaux, dont la chaudière et la plupart du système de motricité, le SS Klondike II fut construit en moins d’un an et reprit du service dès 1937. [Plus d’infos sur le site de Parcs Canada]
Parcs Canada, qui administre le site, propose une visite en français chaque jour. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de notre guide, un pvtiste français tout comme nous, installé au Yukon depuis l’automne et à Whitehorse depuis le printemps !
Malheureusement, l’état général du navire ne permet plus une visite des cabines passagers et des ponts supérieurs. Il pleuvait un peu lors de notre passage, et le pont inférieur se trouvait sous les gouttes d’eaux tombant du plafond. Un programme de restauration est en cours, sans doute arrive-t-il déjà un peu tard !

Un départ plus rapide que prévu !
Malgré le plaisir de la visite du SS Klondike, nous sommes trop déçus par la ville pour nous attarder. Visiblement, on a loupé quelque chose, au vu des avis dithyrambiques glanés de-ci de-là…. Nous allons de toute façon devoir y repasser : non seulement on a pris rendez-vous pour faire changer nos pneus, mais la route passe forcément par là ;). On en profitera pour passer voir le Miles Canyon, l’un ou l’autre musée, ou encore les sources chaudes au nord de la ville. En attendant, nous partons sur la Klondike Highway direction la mythique Dawson City !
C’est fou où vous êtes !!!
Je suis en admiration.
Klondike, Yukon…des noms qui font rêver ! Quel voyage !
C’est sure : la prochaine fois qu’on s’organise un voyage canadien, on vous appelle avant 😉
C’est un vrai plaisir de vous lire !
En admiration devant tous ça!!! Continuer bien votre aventure qui est très enrichissante !!
Bisou à vous deux😘😘