Ayant quitté Toronto, nous stoppons au Parc Provincial Presqu’ile pour la nuit. L’occasion de faire la rapide connaissance de 4 ratons-laveurs qui, ayant repéré notre glacière, ont fait un petit festin de melon, prunes, champignons, et un petit carnage d’œufs. Point positif : ils ont réussi à ouvrir la fermeture éclair, au lieu de gratter le tissu jusqu’à le percer. On se console comme on peut !
Le Parc Provincial Presqu’ile se trouve au bord du Lac Ontario. Dommage, la température est un peu trop fraiche au réveil pour piquer une tête à partir de l’une des plages.
Il reste un peu plus d’une heure de route jusqu’à Kingston.
Kingston
Située à l’extrémité nord-est du Lac Ontario, là où débute le fleuve Saint-Laurent, la ville de Kingston (132 000 habitants) aurait pu avoir une histoire mouvementée.

Avec la proclamation de l’Acte d’Union entre le Haut-Canada et le Bas-Canada en 1840 nait la Province du Canada (1841-1867). Or, l’éphémère première capitale (1841-1844) de la Province du Canada, alors colonie britannique, n’est autre que Kingston ! C’est avant que la capitale ne soit transférée à Montréal (1844-1849), puis en alternance entre Toronto (1849-1851 et 1855-1859) et Québec (1851-1855 et 1859-1865). Ottawa ne sera choisie qu’en 1866 par la reine Victoria elle-même, alors que la Province du Canada devient le Dominion du Canada et en vue de la Confédération naissante (1867).
Cette période est expliquée dans la maison Bellevue House. En cours de rénovation, cette résidence de style italien fut habitée une année durant par celui qui deviendra le premier Premier Ministre du Canada, Sir John A. Macdonald. Personnage à l’héritage contrasté, ce dernier fut entre autre responsable de la création de la Confédération, de l’extension du chemin de fer vers l’Ouest, mais aussi des pensionnats autochtones, de la création des « réserves indiennes » et de la famine organisée des peuples autochtones des Plaines pour que ceux-ci quittent leurs territoires ancestraux pour se déplacer vers ces réserves.

La ville moderne de Kingston conserve quelques traces de cette période, en particulier son Hôtel de Ville, érigé en 1844. Le bâtiment fut pensé et conçu pour refléter le statut de capitale de la ville : style néoclassique, doté d’une coupole et construit en calcaire. La cathédrale anglicane St. George date de la même époque.

Thousand Islands / Archipel des Mille-Îles
Quel meilleur moyen pour découvrir les Mille-Îles du fleuve Saint-Laurent que de choisir l’excursion de 3h en bateau ? On part confiant, bien que ses eaux comprennent plusieurs centaines d’épaves…

Où l’on apprend qu’en fait de mille, il se trouve en réalité 1864 îles. Attention, n’est pas île qui veut ! Pour accéder à ce prestigieux statut, il faut avoir une superficie d’au moins 0,33 m2, disposer d’au moins 1 arbre vivant, et être au-dessus de la surface de l’eau tout au long de l’année. La plupart de ces îles appartiennent à des familles et sont transmises de génération en génération, mais certaines restent accessible au public. Parcs Canada en gère également un petit nombre.


Dans cette zone frontalière avec les Etats-Unis, le fleuve atteint 13km de large. On estime que la masse des îles est répartie équitablement entre les deux pays, et aucune île n’est divisée entre eux. Évidemment, le secteur fut un haut lieu de la contrebande durant la prohibition américaine.
Le navire quitte Gananoque et se dirige vers les îles étasuniennes. Il passe sous le pont international, puis frôle la ville américaine d’Alexandria Bay (État de New-York) avant de rebrousser chemin par la rive canadienne.

De nombreuses habitations, de la cabane de pêcheur à la villa de millionnaire, ont été construites sur ces îles de toutes tailles. Si la plupart sont des résidences de vacances, plusieurs sont quand même habitées à l’année.



Peut-être l’une des constructions les plus emblématiques, le château de Boldt peut se visiter (pour ceux qui choisissent la croisière de 5h, payent le droit d’entrée, et discutent avec la douane américaine!). En fait d’un château, il s’agit d’une résidence grandiose voulue par George Boldt pour offrir à sa femme Louise. Malheureusement, celle-ci décéda en 1904, avant la fin de la construction. Stoppés brutalement, les travaux ne reprirent que 73 ans plus tard…


Retour à terre : sur la partie côtière du Parc National des Mille-Îles, le secteur Landons Bay offre une petite randonnée avec vue sur le fleuve. Rien de transcendant, mais une promenade de 30 minutes permet toujours de se dégourdir les jambes avant de reprendre la route.
Prescott
Longeant désormais le fleuve Saint-Laurent, c’est à 70 km au nord-est de Gananoque que se trouve Prescott. C’est dans cette petite ville de moins de 4 000 habitants qu’a eu lieu en novembre 1838 la Bataille du Moulin-à-Vent (Battle of the Windmill). Il fut le théâtre de la défaite des insurgés du Haut et du Bas-Canada en lutte contre l’autorité britannique depuis 1837, aidés par les Etats-Unis. Il s’agira d’une des dernières tentatives de rébellions, les Etats-Unis devenant par la suite neutres vis-à-vis des relations entre le Canada et la Couronne d’Angleterre. Géré par Parcs Canada, le Lieu historique national du Fort-Wellington retrace cette aventure, à l’endroit où siègeait la garnison britannique.


Upper Canada Village
On approche de la limite est de l’Ontario en continuant vers Upper Canada Village. Érigé à proximité de Morrisburg, ce musée à ciel ouvert accueille une quarantaine de bâtisses des années 1860, simulant un village historique du Haut-Canada. Les bâtiments ont pour la plupart été déménagés en prévision de la construction de la Voie Maritime du Saint-Laurent (St. Lawrence Seaway), dont la construction de barrages de 1954 à 1959 a provoqué l’inondation de « 7 villages et un tiers ». En 3 à 4 heures sur place, la visite est véritablement intéressante, bien moins « malsaine » à notre goût que le site similaire à Calgary.


Cette construction de la Voie Maritime du Saint-Laurent, reliant désormais l’Océan Atlantique aux Grands Lacs, a également éliminée les rapides du Long Sault et permis la construction de centrales hydroélectriques. Peu avant Cornwall, la route Long Sault Parkway permet d’en avoir un aperçu, sautant d’île en île sur 11 km. Présentée comme une route panoramique, elle est surtout un point d’accès aux personnes avides d’excursions nautiques : en ce jour férié (la fête du Travail étant au Canada le premier lundi de septembre) les nombreuses remorques à bateaux sur les pick-ups en attestent.

Retour au Québec !
Passé Cornwall, le fleuve ne cesse de faire office de frontière avec le voisin américain. Quant à nous, nous ne sommes désormais plus qu’à 1h30 de route de Montréal : c’est donc ainsi que s’achève ce road-trip de presque 3 mois à travers le Canada !

Mieux vaut 4 ratons-laveurs qu’un ours, hein !…
Toujours de très belles photos , super petites îles , intelligent les petits ratons laveurs ‘ils avaient faim
Coucou,
Magnique !! Tres belles photos… Et pour la suite ?
Bisous
Annick T
Coucou,
Magnique !! Tres belles photos… Et pour la suite ?
Bisous