La traversée de l’Ontario d’est en ouest (2/2)

  • Rappel : d’Ottawa à Thunder Bay, nous avons parcouru plus de 1400 km en 4 étapes ;
  • Étape 5 : du Thunder Bay (Fort William) au Parc provincial Aaron (Kenora District / Dryden) – 332km, env. 3h30 ;
  • Étape 6 : du Parc provincial Aaron à Winnipeg (Manitoba) via Kenora -203 km en Ontario, soit 2h25.

Thunder Bay

C’est juste avant l’arrivée à Thunder Bay que se trouve la statue dédiée à Terry Fox, du nom de ce coureur qui, malade du cancer et amputé d’une jambe, a tenté la traversée du Canada en courant d’est en ouest en 1981. Parti de Terre-Neuve, il dû abandonner non loin de Thunder Bay, rattrapé par la maladie.

La seconde plus grande ville du Northern Ontario après Grand Sudbury (près de 110 000 habitants), située à l’extrémité ouest de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent, dispose évidemment d’un important port. Ce sont dans ses immenses silos que sont entreposées les céréales en provenance des Prairies.

Nous arrêtons quelques instants au Marina Park, secteur Waterfront : un parc où il fait bon se promener, au bord des bateaux de plaisance, avec le port commercial qui se devine au loin.

Si l’on s’attendait à une ville industrielle sans charme, nous sommes agréablement surpris : non pas que la ville soit jolie, n’exagérons rien. Mais cela semble agréable à vivre, du moins dans ce secteur.

Depuis le Marina Park à Thunder Bay

Nous arrêtons camper sur le parc historique de Fort William. Il est 22h, il fait encore jour en cette mi-juin ! C’est que nous sommes encore à l’Heure de l’Est, soit au même fuseau horaire que le Québec, où il le soleil se couche pourtant 1h30 plus tôt…

Camping de Fort William

Parc historique de Fort William

Le parc historique de Fort William est une reconstitution de poste de traite de fourrures des années 1800. Situé au bout de la voie maritime des Grands-Lacs et du Fleuve St-Laurent, les commerçants de Montréal envoyait ici leurs Voyageurs à bord de canots. Ils y rencontraient les hivernants venus des lieux plus reculés, afin d’y échanger des fourrures contre des produits venus d’Europe. Les Métis et les Premières Nations, en particulier le peuple Ojibwa, étaient parfois parti prenante du négoce.

Le site est plutôt grand, même si on a du mal à imaginer comment 1200 à 2000 personnes pouvaient loger ici 2 semaines durant. La visite guidée prend 1h30 et permet la visite de divers bâtiments. Les guides sont costumés et jouent un rôle, qui nous met parfois mal à l’aise : on aurait peut-être préféré des mises en scène pour se sentir à l’époque plutôt que des échanges.

Parc Provincial Kakabeka Falls

Nous reprenons la route et stoppons rapidement : il faut rouler seulement 25 km pour atteindre cette superbe chute d’eau de Kakabeka, haute de 40 mètres. La passerelle qui l’enjambe offre des vues sur la gorge. À l’époque du canotage, il s’agissait du premier obstacle nécessitant un portage au départ de Fort William.

Kakabeka Falls

Route vers Kenora

La route continue, et nous passons finalement la ligne de changement d’heure peu après : fini l’Heure Avancée de l’Est, la longitude 90 coupe l’Ontario en deux ! Nous passons ainsi à l’Heure Avancée du Centre pour la fin de l’Ontario et le Manitoba à suivre (la Saskatchewan ne passant pas à l’heure d’été).

Le paysage change doucement mais sûrement : la forêt est moins dense, et les conifères n’y sont plus seuls. Le relief tend à diminuer et les lignes droites sont plus présentes. Les petits lacs se raréfient également entre la bifurcation des routes 11 et 17 et Ignace, ou ils reprennent leur place dans le paysage.

Étant parti tard et ayant franchement chaud, nous stoppons au Parc provincial Aaron pour la nuit. Avantage : la baignade dans le lac Thunder au matin :). Fait notable, les moustiques ici sont de sortie strictement au crépuscule et à l’aube. Par contre, ils compensent et tentent de faire leur journée entière en se déchaînant sur cette période 👿 !

Thunder Lake, Parc Provincial Aaron… au soir
… et au matin !

Nous passons rapidement Dryden, 8 000 habitants, qui est la seule ville avant Kenora. On trouve néanmoins des commerces dans les petits villages éparpillés sur la route. 

Kenora

Dernière ville en Ontario, Kenora (15 000 habitants) est située au bord du Lake of the Woods, un lac de 110 km de long et de large qui assure la frontière au sud avec le Minnesota voisin (États-Unis). En nous promenant, on constate qu’un stationnement à bateaux permet aux habitants des quelques 14 552 îles du lac de venir s’approvisionner en ville (on simplifie, toutes ne sont pas habitées ! 😉 ).

On ne saurait décrire l’ambiance qui règnent à Kenora, entre station balnéaire et villégiature, mais quand même avec une ambiance de ville. Cité ambigüe !

Murale en mémoire de l’ancien nom de Kenora, Rat Portage
Husky the Muskie et Main Street, Kenora

À la sortie de la ville, un petit parc en bord de lac présente la sculpture affectueusement nommée Husky the Muskie, s’agissant d’un poisson « muskellunge » en anglais (maskinongé en français), une espèce de la famille des brochets.

Lake of the Woods

On reprend la route, et peu de temps après… une pancarte de limitation à 100 km/h au lieu de 90km/h : c’est officiel, nous sommes sortis de l’Ontario ! 😉

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