Au vu de nos soucis de voiture (détails une fois prochaine), nous ne nous attarderons pas au Nouveau Brunswick. Exit donc Cape Hopewell et Moncton, du moins pour cette fois. La bonne nouvelle, c’est qu’on sera quasi-forcé d’y revenir ! Un road-trip Gaspésie – Nouveau Brunswick – Île du Prince-Edouard sera probablement en préparation dans le futur 😉

Saint John
Nous pénétrons dans la seule province officiellement bilingue du Canada par le ferry arrivant à Saint John, en provenance de Digby en Nouvelle-Écosse. De fait, à Saint John, parfois appelée Saint-Jean en français, tout est affiché à la fois en français et en anglais.

Saint John est une ville industrielle et portuaire qui possède malgré tout un certain charme, du moins en cette saison printanière. La plus grande ville du Nouveau-Brunswick (70 000 habitants, devant Moncton, 69 000 ^^) héberge un agréable marché en centre-ville (Québec, prend-en de la graine !), le City Market. Outre les stands de fruits et légumes, divers marchands cuisinent de quoi grignoter sur place.
En sortant, un détour par Kings Square et son kiosque permet d’accéder à un peu de verdure en ville.


Dans le quartier uptown, (situé en hauteur!) Prince William Street est une rue centrale avec plusieurs bâtiments anciens. La brique a été grandement utilisée pour reconstruire le secteur après le gigantesque incendie de 1877, qui détruisit les deux tiers de la ville -on dénombra alors 1612 bâtiments détruits.


À l’embouchure du fleuve Saint-Jean, le AREA 506 Waterfront Container Village, un petit centre commercial de plein air entièrement installé dans des containers. Ça nous fait penser un brin au RE: Start Mall de Christchuch (Nouvelle-Zélande), à ceci près qu’il n’y a pas eu de tremblement de terre ici !



C’est en-dehors de la ville, au bord du fleuve Saint-Jean, que l’on peut assister au spectacle qui fait la renommée de la ville : les Reversing Falls, ou chutes réversibles. Grâce aux eaux de la baie de Fundy et à la formidable puissance des plus hautes marées du monde (16 mètres d’amplitude), le courant change de sens à chaque marée haute ! Ne pouvant pas assister au phénomène lors de notre passage, nous avons du mal à imaginer au vu de la force du courant que, 8 heures plus tard, non seulement le débit suit le sens inverse, mais en plus génère une chute de 5 mètres de haut.

Moins naturelle, l’usine de pulpe à papier sur la rive opposée attire tous les regards. Certains jours et selon le sens des vents, assister au spectacle de chutes réversibles est tout de suite moins agréable, odeur oblige. Propriétaire des lieux et de la plus grosse raffinerie du Canada sise quelques kilomètres plus loin, la société Irving est le plus grand employeur de la région.

Moralité : si une courte matinée est suffisante pour explorer Saint John en coup de vent, prévoir davantage de temps pour s’adapter aux horaires des marées !
Saint Andrews
Malgré nos problèmes d’auto et notre volonté de faire au plus court pour revenir sur Québec, nous nous autorisons un petit détour de 70 km. Direction ouest, en longeant la côte de la Baie de Fundy. Avant l’arrivée à Saint Andrews, nous opérons une courte escale/pique-nique à Saint-Georges et sa chute sur la rivière Magaguadavic.


Plus loin, Saint Andrews est une station balnéaire. Fondée par les Loyalistes en 1783, l’histoire de sa création est étonnante. C’est en apprenant que la frontière avait été déplacée que les Loyalistes implantés à Castine (Maine, USA) ont transporté leurs maisons par voie maritime jusqu’à Saint Andrews pour s’y implanter.

La ville possède donc quelques bâtiments plus anciens, mais c’est surtout pour le bord de mer que touristes canadiens et américains s’y rendent. Derrière l’île Navy, c’est la côte de l’État du Maine aux États-Unis. La frontière de St Stephen (Canada) – Calais (USA) est toute proche.


Excepté la reconstruction de l’ancien phare Pendlebury Lighthouse, la mise en valeur du patrimoine historique est pour ainsi dire quasi-nulle, c’est dommage.


De notre côté, nous expérimentons un rapide et violent écart de température : avec 24°C, on brûle littéralement au soleil en déambulant sur Water Street ! On en profite pour s’avancer sur le quai Market Wharf et parcourir rapidement King Street.



À l’extrémité de la cité se trouve le lieu historique national du Blockhaus-de-St. Andrews. Le site défensif a été érigé dans le contexte de tensions croissante avec les États-Unis voisins, tensions ayant menées à la guerre de 1812 et la tentative d’invasion états-unienne de certaines parties du Canada -alors britannique. La guerre n’a cependant pas touché immédiatement la localité, qui avait établi des accords locaux avec le Maine.

En contrebas du fort, on ne peut qu’admirer les jolis rochers qui s’enfoncent dans les eaux calmes de la baie.
Coté camping du soir, c’est au bord de l’eau, à Oak Bay, que nous nous installons. Si l’on s’en tient à notre volonté de parcourir le pays en direction du Yukon, le temps est venu de dire au revoir à l’océan pour un bon moment !

Hartland et Grand-Sault / Grand Falls
Nous reprenons la route qui monte vers le nord, en direction de Grand-Sault Grand Falls, l’une des deux seules villes du Canada à disposer d’un double nom qui soit officiel.
Nous espérions malgré la fermeture pouvoir stopper à King’s Landing. Encore fermé en cette fin mai (ouverture le 7 juin…), on le savait, mais on espérait quand même pouvoir se promener malgré tout sur le site comme c’est parfois possible avec Parcs Canada : raté. Quel gâchis !

C’est donc plus au nord que nous stoppons une petite heure, au Pont couvert de Hartland. S’il semblerait que les ponts couverts soient des constructions ayant été assez courante au Nouveau Brunswick au début du XXè siècle, celui de Hartland est quand même le plus long pont couvert au monde avec 390,75 mètres ! Celui-ci date de 1921, la passerelle piéton ayant été ajoutée en 1945. À l’époque, le fait de couvrir le pont permettait de préserver plus longtemps les joints entre les poutres de bois. De nos jours il ne supporte plus qu’un trafic touristique et local. Nous l’empruntons, bien évidemment : d’abord à pied pour découvrir, puis en auto pour continuer notre route. Le pont parallèle à deux voies, à environ 1 km en amont, semble avoir moins de succès !



Nous arrivons dans la ville de Grand-Sault Grand Falls pour la nuit. L’occasion de déguster une spécialité du Nouveau Brunswick : le vin de bleuets ! Un peu sucré, mais goûtu 😉
Principale attraction, les chutes de Grand-Sault / Grand Falls, que l’on peut admirer depuis plusieurs points de vue, en particulier depuis le Malobiannah Tourist Information Centre. Ces chutes sur le Fleuve Saint-Jean servent également à la production d’électricité, la centrale étant en aval de la gorge.




C’est seulement le lendemain matin que nous prenons le chemin de l’autre coté de la gorge, qui nous amène un peu plus en aval. Ce sentier offre des points de vue différents sur la gorge et sur le ruisseau attenant. La chute en elle-même est moins virulente que la veille : on ne saura cependant pas si cela vient du barrage qui régule différemment, ou si le vent plus calme fait son effet.

Edmundston
Avant de rejoindre le Québec, la route transcanadienne passe par Edmundston, ville à majorité francophone. De fait, on a l’impression d’être de retour au Québec, 20 km avant la frontière officielle.

Le principal emblème de la ville, c’est sa passerelle piétonne bleue azure, qui enjambe la Madawaska River. Nous franchissons nous aussi ce pont, afin de rejoindre le centre ville depuis le Fortin du Petit-Sault / Petit-Sault Blockhouse et l’ancienne gare, transformée en centre d’informations touristiques.

Une tuyauterie passe non loin, reliant l’usine de pâte à papier Twin Rivers d’Edmunston à l’usine de fabrication de papier de Madawaska, de l’autre côté du fleuve Saint-Jean, et donc dans le Maine aux États-Unis.

Nous aurons un avis mitigé sur cette dernière escale dans le Nouveau Brunswick : excepté le parc autour de la passerelle et bâtiment de l’Université de Moncton à Edmunston qui domine la ville, celle-ci semble assez peu animée en ce lundi matin. Nous aurons même du mal à trouver où acheter de quoi grignoter !

Il est donc temps de reprendre la route et de passer la frontière vers le Québec, que nous franchissons peu après. La route longe le superbe Lac Témiscouata, où nous avions prévu initialement de stopper pour une petite randonnée. Raté, il faut traverser et allonger le parcours de 70 km aller simple. Ce sera pour une prochaine fois 🙂
Direction donc la Ville de Québec pour un séjour de durée indéterminée, le temps de changer de voiture !
Moo-mooz est un gros paresseux. Il fait tout en voiture ! 😂
Un petit coucou les amis ! Toujours des articles bien illustrés par vos splendides photos 🙂 quel périple ! Bisous à tous les 2
Boubou prends soin de sa santé, il à envie de devenir vieux, lol, il ne se fatigue pas. Il a envie de rejoindre ces amis moutmout et wiwi.