T’es-tu correct avec le parler québécois ?

Très mauvaise question ! On ne parle pas québécois, mais bien Le français du Québec. Un français « pur » pour les uns, un français en danger de disparition pour les autres, un français avec du vocabulaire et un accent à assimiler ainsi que des anglicismes différents des nôtres selon nous.

Notons bien que le français du Québec s’écrit presque comme le français de France : en lisant un article de journal ou un livre, on va souvent parcourir plusieurs paragraphes avant de déceler la petite touche qui trahira son auteur québécois ;). On essaye donc icitte de retranscrire des sons ou des expressions principalement utilisées à l’oral. Nous espérons que nos amis québécois ne nous en voudrons pas 😉 .

Ceci n’est qu’un petit extrait du parler du Québec, mais c’est ce qu’on en aura retenu durant ces quelques 6 premiers mois. Il vise essentiellement à comprendre un québécois, mieux vaut éviter de le parler sans être certain de maitriser la tournure !

Afin d’éviter toute ambiguïté ci-dessous, on utilisera le signe égal (=) quand l’expression de droite se comprend également en français du Québec, le signe double-point (:) quand elle ne se dit qu’en français de France.

Les incontournables (qui vont nous manquer)

T’es-tu correct ? (/correc/).
– T’es-tu correct pour déneiger en avant ? : Ça ira pour déneiger l’entrée ?
– Souhaitez-vous la facture ? Non c’est correct.
– Le repas était correct = Le repas était très bon.
– T’es-tu fait mal en tombant ? Non j’suis correct.

C’est plate : c’est pas terrible

Faque = ça fait que (tellement pratique, mot adopté à vie ! 😉 )

t’sé = tu sais (s’utilise en fin de phrase)

Elle est ben fine ! : elle est très aimable, très gentille

Fait frette ! (à partir de -15°C ou -20°C, la température étant donnée en « refroidissement éolien » = en ressenti)

C’est pas si pire : c’est pas mal, c’est pas mauvais

C’est croche : c’est tordu, c’est de travers, c’est mal fait

On s’en vient / On est rendu ; exemples : J’ai une commande qui s’en vient. J’entends un vélo qui s’en vient. On est rendu à l’hôtel. On est rendu à Montréal.

Ça fait du sens ! / Ç’a pas d’bon sens !

Ma blonde / Mon chum (attention : mon chum de gars = un ami garçon, ma chum d’enfance = mon amie d’enfance)

Vous aut’es / Nous aut’es ; Comment dites-vous yogourt vous aut’es ?

Y aiment chiâler (/chiawler/)

Tire-toi une bûche = Prends une chaise

Les expressions courantes (mais qu’on ne s’approprie pas encore)

Pantoute ! = pas du tout

Pour vrai (en fin de phrase) : vraiment, réellement. Levis offre la meilleure vue sur le Vieux-Québec pour vrai.

Dans l’fond… (équivaut à notre du coup, plutôt utilisé par les 15-30 ans)

icitte = ici

J’suis tanné = Chu pu capable = Je suis fatigué (dans le sens j’en ai marre)

Ben voyons donc‘ : correspond plus ou moins à un C’est pas vrai (doute, étonnement)

Attache ta tuque : littéralement Accroche ton bonnet, sous-entendu Prépare-toi pour la situation qui vient

On est niaiseux / Maudit niaiseux ! / Arrête de niaiser ; Dites-moi si je raconte de niaiseries.

Ostie qu’c’est beau ! (/sti ksé bôô/)

Ce vendeur c’t’un crosseur.

Câlice (ou câlisse) (/côôliss/) ! C’est d’la marde ! (vulgaire)

Elle m’a mis en tabarouette ! (version moins vulgaire de tabarnak)

J’suis tanné qu’ces maudits français pensent qu’icitte on sacre à longueur de jour. Pantoute, ç’a pas d’bon sens ! Comment dites-vous sacrer vous aut’es, jurer c’est-tu correct ?

Les mots et tournures dont il faut se méfier

C’est écœurant = c’est crissement bon. (ou, plus rarement, son contraire)

C’est ordinaire : pas terrible, déplaisant, nul, moche. Si c’est assez ordinaire ou même bien ordinaire, c’est pire encore !

une limonade : un jus de citron

J’ai eu d’la misère : j’ai eu du mal

de même : comme ça ; Je bois de la bière, du cidre, des affaires de même. (comprendre : des choses comme ça)

On déjeune le matin, on dîne le midi et on soupe le soir (c’est-à-dire souvent vers 17h30 icitte)

Un traineau = un toboggan (peu usité, déformation de tabagane en langue algonquienne) : une luge (si on veut parler d’un objet en pente pour glisser, on dira une glissade).

Une chaudière = un seau ; Je change l’eau de la chaudière et je passe la moppe : je passe la serpillère

Bonne fête ! = Bon anniversaire

Bonne fin de semaine = bon week-end (le samedi et le dimanche. L’anglicisme se rencontre de plus en plus fréquemment)

Un échafaud : un échafaudage (!). L’ouvrier monte sur l’échafaud pour ses travaux de peinture.

On écoute un film ou une série 😯

Le PQ = le Parti Québécois, parti indépendantiste qui a dirigé à plusieurs reprises le gouvernement provincial, dont celui mené par René Lévesque (1976 à 1985).

Si vous vous demandez alors comme on appelle le papier dans la toilette (singulier), on parlera simplement du papier hygiénique. Au restaurant ou ailleurs, on demandera plutôt où se trouve la salle de bain.

Les mots qui viennent de l’anglais

Attention, ne dites jamais à un québécois défenseur de la langue qu’il utilise des mots anglais, il est convaincu de parler le même français que la cour de Louis XIV. Il n’empêche, entre rétro-traductions littérales, changement de sens d’un mot français existant qui sonnait proche, et simplifications ou mélanges franco-anglais… C’est comme weird t’sé ! 😉

Allô = Salut/Bonjour (par déformation de hello)

Merci full / réponse : Bienvenue ! (rétrotraduction littérale d’un You’re welcome)

J’ai du braker = freiner

C’est lousse = y’a du jeu, c’est lâche, desserré, ample

Où t’as-tu parqué ton char ?

on offre : on propose (le « to offer » anglophone, faque c’est pas parce que je te l’offre que c’est rendu gratuit !)

Ploguer / déploguer ton cellulaire (quel mot français ressemblait donc le plus à cell phone 😉 ). Si tu parles de ton portable, il s’agit de ton ordinateur portable.

Ça fait la job : Ça fait le boulot / ça fera l’affaire

l’es cute : mignon, gentil

une joke : une blague

céduler un rendez-vous : programmer un rendez-vous

weird : bizarre, étrange ; C’est comme weird t’sé !

c’est l’fun

c’est comme…. (à utiliser aussi souvent qu’un « like » anglophone)

Une cuillère à thé : une cuiller à café (teaspoon) | Une cuillère à table = une cuiller à soupe (tablespoon)

Une napkin = une serviette de table en papier

les bleuets : les myrtilles (blueberries)

le yogourt : le yaourt

un aliment sure : un aliment acidulé, aigre. Si cette bière est un peu sure, c’est ben correct. Mais si la pâte à crêpe flaire comme sure, jette-là aux vidanges.

un couple de jours : quelques jours (a couple of days)

le gaz : l’essence ; tanker son char : mettre de l’essence ; J’ai roulé 50 km, j’en ai eu pour 10 pièces de gaz.

les rims : les jantes

ton pneu est flat : ton pneu est crevé

le miroir : le rétroviseur (ou le miroir ^^)

un bearing : un roulement (en automobile : un bearing de roue, autant mélanger les deux langues)

changer un breaker : changer un fusible (par simplification de electrical breaker = disjoncteur en anglais)

Alors nous, on n’est pas ben convaincus que Louis XIV lançait des jokes à sa blonde qu’elle pognait pas parce qu’elle était rendue chercher sur son cellulaire comment changer le bearing de sa cabine de douche à cause que la porte était comme lousse. Mais dans l’fond c’est peut-être que son valet avait comme pas mis assez de gaz dans l’auto et qu’avec l’ampoule du stationnement qu’était comme brulée il pouvait pas s’en venir l’aider, pis son chum de gars lui avait bouffé un dispendieux yogourt qui goutait comme sure faque il tentait de joindre le 9-1-1.

Du vocabulaire

une couverte ou couvarte = une couverture

la sloche = de la neige fondue qui devient de la boue

la poudrerie = la neige très légère

pogner = attraper, choper (souvent une maladie)

un feu sauvage : un herpès

du tylenol (marque) = du doliprane

la balayeuse : l’aspirateur

la laveuse : la machine à laver

la sècheuse : la machine à sécher le linge

le calorifère : le radiateur

une chaufferette : un radiateur d’appoint

le dépanneur : l’épicerie

blé d’Inde = maïs ; maïs éclaté = pop-corn

une circulaire = un dépliant publicitaire

un pamphlet = un tract (touristique, publicitaire)

un itinérant : un sans-abri ; itinérance interdite : pas de mendicité

Un traversier : un bac, un ferry ; La traverse : la traversée. ; Un traversier s’est échoué à la Traverse de l’Île-aux-Coudres.

ta tuque : ton bonnet

des mitaines : des gants

des bottes : des chaussures d’hiver. Par extension : des bottes de randonnée, des bottes de ski.

ton chandail : ton pull ; ton coton-ouaté : ton sweet-shirt

ma gang : ma bande / mon groupe d’amis

S’cusez ! : pardon, excusez-moi – par exemple pour se frayer un chemin dans la rue

Le temps des fêtes : les vacances de Noël ; La semaine de relâche : les vacances de février/mars

une bordée = une grosse chute de neige (généralement au moins 15cm de neige en 12h, alors qu’une tempête c’est 25cm en 24 heures -ou évidemment une bordée avec beaucoup de vent)

1 pièce (/piace/) est composée de 100 sous = 1 dollar est composé de 100 cents. Au supermarché, la préposée à la caisse dira simplement : « 24 et 82 » pour 24.82$. Selon le cas, on lui répondra : En argent comptant, en débit, en Visa, en Mastercard.

Il est interdit de stationner son char devant une borne-fontaine.

Ne pas hésiter à utiliser (langage courant) :

Présentement : actuellement, en ce moment (ex : je suis présentement au bord du fleuve.)

Dispendieux = très cher

Bouffe (ex : Ta bouffe est écœurante : Ton repas est très bon)

Jaser (/joser/) = discuter de choses sans importance

Magasiner : faire du shopping (souvent plutôt récréatif, rarement utilisé pour les courses alimentaires), parfois comparer des produits avant de choisir ; Merci d’avoir magasiné chez nous ; On a comme magasiné les véhicules d’occasion ; Savais-tu qu’on peut magasiner en ligne ?

C’est vraiment beau (/vrayyment bôôô/ entendu au moins une fois toute les 10 minutes sur chaque place touristique)

Merci c’est très apprécié. (réponse : Ça fait plaisir !)

Murale à Québec

Au travail

La porte est barrée après 22h. / Cette clé sert à débarrer la porte principale.

Peser sur le piton : Appuyer sur le bouton

Le corridor ; L’ascenseur est au milieu du corridor.

le tapis : la moquette ; Souhaitez-vous une chambre avec du tapis ou du parquet ?

En fonction de l’achalandage ; Ce restaurant est très achalandé durant le temps des fêtes.

La lumière est brulée (il faut changer l’ampoule)

La machine est brisée (elle ne démarre plus)

Les ustensiles : les couverts ; Ma cuillère à thé est sale, je peux-tu avoir des ustensiles propres ?

Mon téléviseur semblait comme brisé, il fallait changer les batteries de la télécommande.

@ se dit a commercial (pour une adresse courriel) ; / se dit barre oblique

une brocheuse : une agrafeuse

une filière : un classeur

J’voudrais canceller ma réservation parce que ma blonde a pogné la Covid.

Les vidanges : les poubelles extérieures. Par extension, désigne aussi la collecte des ordures ; Les vidanges passent le mardi matin.

J’ai besoin d’un stationnement pour mon véhicule. : sera plus commun qu’un besoin de parking pour une voiture (même si la seconde tournure est comprise).

Le niveau principal = le rez-de-chaussée. Le 2ème étage = l’étage au-dessus du rez-de-chaussée (soit celui qu’on nommerait le 1er étage en France)

Une panne d’Hydro = une coupure d’électricité (Hydro-Québec est le fournisseur d’électricité provincial)

exemple : La cliente pensait que le calorifère était brisé à cause de la panne d’Hydro de ce matin, faque j’ai ajouté une chauferrette pour pas qu’elle chiale qu’elle a pogné l’rhume par la faute de nous aut’es.

Exemple (volontairement exagéré)

– Allô ça va bien ?
– Allô, Pas pire et toi ? T’es-tu correc’ si j’attends mon chum ? Il s’en vient en bicycle.
– AK, j’m’en va jaser avec la gang en-dedans. Fait ben trop frette icitte.
– C’est pas si pire. Dans l’fond suffit d’être full équipé !
– J’étais correct sans ma tuque ce matin. Anyway… T’as comme ton cellulaire qui vibre !
– Crisse ! Y m’dit son vélo est rendu flat. Pis son guidon est comme lousse faque il est dans l’trouble.
– Ben voyons donc ?! C’est ben plate ! T’as-tu le goût de prendre un drink, c’est rendu pas cher à c’t’heure.
– Merci mais j’suis tannée ! Bye !
– Bonjour !

Pour aller plus loin

https://www.je-parle-quebecois.com/lexique.html

https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/

4 commentaires sur «T’es-tu correct avec le parler québécois ?»

  1. Bravo ! Sacré travail. En bonne voie de compréhension, visiblement vous voilà bilingue !
    Monter sur l’échafaud…ouf, on est rassuré !

  2. Toujours de belles photos, intéressant la visite du parlement. Vous profitez bien de joies de la neige…
    Pas facile leurs expressions 😀😀 Bonne continuation

  3. Le but de leur affaire c’était de t’expliquer que c’était pas 2 langues, mais le français « québécois », pis toi t’arrive, tu lis tout l’truc pis la seule chose que tu trouve à dire c’est « chuis bilingue » -_-

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