À mi-chemin : point d’étape, fatigue et états d’âmes

discussion personnages bois

Cet article aurait pu s’intituler : « Les états d’âmes d’un couple de PVTistes après 4 mois et 10 jours, ou : La fatigue, limite ultime des changements de plans.

– Fatigués ? Mais vous ne bossez même plus depuis un mois !

Et c’est bien vrai… Et pourtant ! »

 

Itinéraire

En terme de chiffres : 4 mois et 11 jours (soit 133 jours), environ 11 000 kilomètres, 61 lieux d’hébergement différents.

carte NZ itinéraire parcouru avant mars
Itinéraire parcouru au 1er mars 2017 (en rouge)

 

Chose remarquable : la Nouvelle-Zélande fait 1 500 km du nord (Cap Reinga, où nous irons plus tard) au sud (Bluff). En avoir parcouru 11 000 nous interroge sacrement ^^.

Nous voici à Christchurch, plus grosse ville de l’Île du Sud, point d’arrivée ou de départ pour certains -seul autre aéroport avec Auckland à la stature véritablement internationale.

Fuite en avant et changements de plans

La vie en itinérance, en camping dans la voiture, à changer de plans, atteint aussi parfois ses limites.

Nous sortons juste d’une nouvelle lubie : nous installer à Akaroa et y chercher un job. Sauf que…

Comme c’était déjà le cas dans une moindre mesure pour Wellington, et, surtout, pour Queenstown, nous n’imaginions absolument pas Akaroa comme ça !

Et c’est là le piège : se projeter un peu trop, se dire qu’on va s’y installer 1 ou 2 mois et y trouver du boulot…. avant même d’y avoir mis les pieds et de savoir si l’on s’y sentira bien !

 

Petit rappel :

À notre arrivée, nous avions prévu, après 10 jours de descente touristiques d’Auckland vers Wellington, de nous installer 2 à 3 mois dans cette ville pour y dégoter un job nous permettant de financer la suite du voyage. Le climat par trop ventu de l’endroit et la promesse d’un boulot facile à décrocher nous à rapidement fait nous diriger vers Napier.

Était-ce une bonne idée ? Sans aucun doute ! Quand bien même l’eldorado de l’emploi facile n’avait rien d’une sinécure en cet endroit, avec le retard de la saison des pommes. Las, encore trop récemment arrivés, trop impatients de parcourir Aotearoa,, nous avons fuit vers l’Île du Sud après un second mini-roadtrip de 4 jours, attiré par les ouïe-dire sur ses beautés naturelles à découvrir absolument en été.

Était-ce une bonne idée ? Sans aucun doute ! Bien que les environs de Blenheim, et même les Marlborough Sounds, ne nous aient pas convaincu plus que ça, notre excellente expérience de HelpX dans un café-pizzeria à Golden Bay, puis l’éclat des Franz Josef et Fox Glacier, et les superbe environs de Wanaka et son lac du même nom nous ont enjoués !

Il était temps de se poser à nouveau à Queenstown. Une sacré déception s’il en fut, puisque cette petite ville est simplement une énorme usine à touristes perchée au milieu d’un paysage somptueux qu’elle gâche allégrement. Bien qu’ayant fuit vers Glenorchy, nous ne nous voyions pas rester ici pour y travailler. Nouveau plan, direction Dunedin, pour s’y poser quelques jours et peut-être y chercher une rémunération bienvenue en cette période où le taux de change € / NZ$ est des plus déplaisants.

Était-ce une bonne idée ? Sans aucun doute ! L’ancienne cité écossaise rayonne du charme de ses ancêtre, et ses environs sont bien jolis. Mais pas l’ombre d’un job ! Nous décidons (trop?) rapidement de reprendre la route vers Milford Sound puis Invercargill, pour de sombres histoires de concours de mouton et de météo favorable. Nous voyons même passer une offre d’emploi à Te Anau, mais notre présomption à vouloir deviner les lieux avant d’y mettre les pieds nous joue cette fois un mauvais tour dans l’autre sens : nous attendant à un caisson touristique sans aucun charme, il nous a bien fallu reconnaître que le lieu était en fait une petite ville agréable ! Une erreur de ne pas avoir postulé, probablement ! Quant à Invercargill, si la ville est joli, l’ambiance humaine semble en retrait. Pourquoi ne pas nous y être attardé davantage ? Nous ne savons plus ! Peut-être est-ce l’attrait des Catlins, côte somptueuse, où la vie sauvage retrouve un peu de la place qu’on lui confisque en d’autres endroits.

Lors de notre retour à Dunedin, nous avions déjà en tête d’autres plans que de tenter d’y chercher un boulot, allant là encore jusqu’à ne pas postuler à une offre de kitchen-hand dans un restaurant asiatique. Nous imaginions alors Akaroa, décrite partout comme « un petit village français en Nouvelle-Zélande », comme une possibilité de s’y établir quelques semaines, rebutés par l’image préconçue (et fausse) d’une Christchurch en ruine -la fatigue commençant à être bien présente, et les maux de dos également après 1 mois de sommier sommaire dans la voiture.

Les escales sur la route (dont Moeraki, Oamaru, Timaru) étaient incontestablement de bonnes idées. Nous n’avons alors volontairement pas fait la boucle vers Mount Cook, Twizel et Tekapo. L’arrivée à Akaroa fut une déception relative : une premier impression mauvaise, puis une meilleur, et même un essai grandeur réelle dans un restaurant pour Amandine en tant que serveuse (et une paye de $64 toujours bonne à prendre).

detour pancarte
Tous les chemins mènent à…. (Demolition World, Invercargill)

 

Seulement voilà, Akaroa, 600 habitants, c’est au bout de la route, au bout de la péninsule de Banks, à 1h30 de la moindre trace de vie humanoïde (Christchurch). Le seul commerce, un 4square, pratique les tarifs propres aux lieux isolés. L’ambiance française est une blague (mais ça, c’est pas plus mal, on n’est pas là pour ça !) mais on se croit quand même sur la Côte d’Azur en début d’été. Bref, nous ne nous y sentons pas bien ! (l’essai d’Amandine dans le restaurant se révélera positif 4 jours plus tard, -offrant ainsi le luxe de refuser un boulot pour la deuxième fois.)

 

 

La fatigue, limite ultime des changements de plans

Après un peu plus de 4 mois, vient le moment tant redouté par les PVTistes : la fatigue ! Appelez ça comme vous voulez : le blues du pays, l’éloignement de la famille et des amis, le manque de saucisson, bref, ce qui vous pousse à vous dire : mais qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je m’inflige un pays dont la langue exotique me pousse à me concentrer sur chaque mot ? Pourquoi vivre dans une voiture à l’autre bout du monde sans savoir le matin où je vais dormir le soir quand je pourrais vivre tranquillement dans un appartement et dormir dans le même lit confortable chaque nuit ?

Inutile de préciser que dans ces moments là, on oublie toutes les choses qui nous on poussé à venir : un boulot sans aucun sens avec un système hiérarchique sclérosé (Olivier), une volonté forte de progresser en anglais, des envies de découvertes avec une coupure qu’on ne pourra se permettre qu’une fois vu nos âges « avancés » (hé oui, en PVT, à 30 ans, t’es dans les vieux !), et même des envies de tester des petits boulots (mais quand t’as mal au dos, t’as plus envie ^^) !

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Un peu de vie au Dunedin Holiday Park

 

Heureusement, ces moments ne durent pas ! (on n’est pas maso quand même ^^) Mais la vérité, c’est que nous avons épuisé nos « plans » types de retournement de situation ! Rien de bien grave, sauf qu’étant à Christchurch, c’est le moment idéal pour passer à l’agence Emirates pour faire notre modification de date de vol retour autrement que par téléphone. Et que choisir ?

Mais le véritable problème est probablement bien plus simple : dans les lieux agréables, il est difficile de trouver du boulot (ou un logement dans le cas de Wanaka) puisque les gens s’y bousculent -et qu’on est clairement pas les mieux placés, linguistiquement parlant-, et dans les lieux moins agréables, c’est plus facile… mais on s’y voit déprimer avant même de postuler ! Un choix cruel, n’est-ce pas ? 😉

La suite

Bon, diverses options s’offrent à nous :

  • Rester trouver un job sur Christchurch, qui n’est pas si laide qu’on l’imagine (loin s’en faut, la reconstruction de la ville pourrait bien être une franche réussite). Avantage : on y est ! Inconvénient : nous n’avions tellement pas imaginé ça qu’on a du mal à l’imaginer maintenant !
  • Chercher un job sur Twizel / Tekapo. Avantage : on n’y est pas encore, les lacs semblent superbes, et on pourra en profiter pour faire le Aoraki / Mount Cook. Inconvénient : niveau petits villages isolés mais très touristiques, on fait difficilement pire !
  • Remonter sur l’Île du Nord ! La cueillette des kiwis va débuter fin mars / début avril sur Bay of Plenty, offrant peut-être l’occasion de trouver un job permettant de subsister (en attendant de trouver mieux ?). Avantage : on ne connaît pas, ça semble loin et bien, il y a des vraies villes et on peut rayonner partout autour de Tauranga assez facilement, et on ne s’y projette pas donc pas de risque de déception. Inconvénient : adieu l’Île du Sud !
  • Ce qui va se passer réellement : nul ne le sait encore ! 😉 (enfin, on a déjà un peu une idée, mais on ne vous dira rien !)
antarctica centre sign penguin
En route vers la suite ! 😉

 

 

Moralité : quand, avant de partir, on vous dit que vos plans changerons et que vous n’y croyez pas, pensant avoir bien étudié la question et être sûr de vous : vous faites erreur. Absolument RIEN ne se passera comme prévu après vos premiers jours (sauf peut-être si vous êtes charpentier avec la ferme intention de bosser à Christchurch). Et le pire, c’est que c’est ça qui rend le voyage inoubliable et en fera une expérience positive !

 

Bref, c’est décidé : sauf changement majeur, notre date de départ sera le 31 juillet -ce qui nous fera un peu plus de 9 mois. Nous sommes donc, si l’on retranche 3 semaines de vacances que l’on s’autorisera peut-être au Vanuatu puis en Nouvelle-Calédonie, à la moitié du périple !

Bon, on vous laisse, on doit se préparer pour nager avec les dauphins ! 😉

 

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