Après notre dernier road-trip à destination des Îles de la Madeleine via le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, pourquoi repasser par la Côte-Nord, un an après ? Il y a tant de raisons !
- Regardons une carte de nos itinéraires passés. Il y a un trou entre Baie-Comeau et Tadoussac ! ;
- Les essences d’arbres si particulières de la forêt boréale ;
- La proximité du fleuve ;
- Les contradictions entre la nature des Grands Espaces de la Côte-Nord et l’exploitation forestière et minière. ;
- En cette mi-avril, le printemps commence à poindre au sud. Probablement pas sur la Côte-Nord ! ;
- On avait adoré notre passage sur la Basse-Côte-Nord à bord du navire ravitailleur. Ça n’a rien à voir ? Et alors ! ;
- Il faut bien « rentrer » à Québec par quelque part… ;
- Il restait deux jours de voyage à combler sur le rétroplanning. ;
- Ben… la Côte-Nord, quoi !

Traversier : de Matane à Godbout
En ce mardi d’avril, le traversier Matane – Baie-Comeau/Godbout dessert uniquement Godbout. Le navire habituellement affecté à la traverse, le NM F.-A.-Gauthier, étant en arrêt technique réglementaire annuel, nous embarquons à bord du « navire de relève » de la STQ (Société des Traversiers du Québec), le plus modeste NM Saaremaa I, pour ces 2 heures de traversée vers l’autre côté de l’estuaire.

Traversée sans encombre en ressentant à peine les petites vagues sur l’estuaire du Saint-Laurent.

Godbout, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Baie-Comeau, est finalement un bon point de départ pour un retour sur la Côte-Nord.
Belvédère St-Pancrace
Ce n’est pas parce que y avions déjà stoppé l’an passé que nous ne nous arrêtons pas à ce belvédère offrant une magnifique vue sur le fjard de la baie St-Pancrace. Calme magique malgré les camions sur la route 138, forêt et relief environnant, et même vue sur la rive sud au loin : oui, bon retour sur la Côte-Nord. !


Centrale hydroélectrique Manic 2 Jean-Lesage
À environ 20 km au nord de Baie-Comeau, le barrage et la centrale hydroélectrique Manic 2 se dressent en travers du lit de la rivière Manicouagan. La centrale Manic 2 est l’une des 7 du complexe issu du Projet Manic-Outardes, prouesse technologique des années 1960. En saison estivale, Hydro-Québec offre des visites guidées.


Parc Nature de Pointe-aux-Outardes
Là encore, notre visite de l’an passé s’étant bien déroulée, nous stoppons. Sans reproduire à l’identique notre visite, nous empruntons uniquement le sentier « Le Contemplatif » (1,8 km). Il y a nettement moins de neige que début avril 2023, et nous parvenons même à trouver le trottoir de bois, même si l’on s’est un peu enfoncés jusqu’aux genoux par endroits 😉

Vieux Quai de Ragueneau
Contrairement à ce que son nom indique, le Vieux Quai de Raguenau n’est pas seulement un quai.

Sur une courte distance de 800 m et à 500 mètres du Vieux Quai, le sentier de la Fascine, du nom d’une ancienne technique de pêche, rejoint un petit cap avec des points de vue sur la Baie aux Outardes et l’archipel de Ragueneau. Une dizaine de panneaux d’interprétation nous renseignent sur les premiers européens à s’y être installés, ainsi que sur les oiseaux qui peuplent ce littoral -la plupart de plus en plus menacés par les aménagements humains et par les goélands (qui les bouffent ! ‘sties d’cannibales !).


Au début du XXè siècle, avant la création de la route 138, le quai était utilisé deux fois par semaine pour relier le village à Matane et Rimouski sur la rive sud. De là, on pouvait prendre le train vers le reste du continent.

Aujourd’hui, le village de Raguenau est intégré à la MRC de Manicouagan, avec 7 autres anciennes municipalités. Des sculptures de dinosaures jalonnent le sentier d’accès au Vieux Quai, symbolisant « la force et la grandeur de cœur qui caractérisait [les] pionniers ». De même, un obélisque de 100 pieds de haut trône à proximité : il symbolise la MRC de Manicouagan et les 8 municipalités qui la compose.



Les rochers se dévoilant à marrée basse nous envoutent, tantôt blanc, tantôt rose, tantôt gris. Ne serait-ce le vent, on pourrait les arpenter des heures à contempler les minuscules îles de l’archipel.


Véritablement un bien bel endroit, seulement troublé par le bruit incessant des camions de la route 138. Rien n’est parfait en ce bas-monde !
Plage et belvédère de la Pointe-des-Fortin
Après une nuit à Forestville, ville sans intérêt autre que s’y approvisionner et y dormir, nous approchons de Portneuf-sur-Mer. La plage de la Pointe-des-Fortins y offre un espace ensoleillé reposant. Il faut traverser un camping (fermé en cette saison) avant d’atteindre les 200 marches qui mènent à un belvédère.


Chute de la Rivière du Sault-au-Mouton
Outre sa chute d’eau de 24 m de haut juste avant de se jeter dans l’estuaire du Saint-Laurent, les environs de la plage et du village de Longue-rive sont un havre d’enchantement. Avec 25°C de plus et quelques palmiers, on aurait pu se croire en Nouvelle-Calédonie !


Les Escoumins
Bien plus charmant que Forestville, ce village-relai sur la Côte-Nord semble calme et vivant à la fois. La Pointe de la Croix offre un moment de repos entre les vagues de l’estuaire, le village à 1 km de là, et les rochers.


C‘est ici que vit environ un tiers des membres de la Première Nation innue Essipit. La réserve Innus de 0,8 km², est enclavée dans la ville. L’économie touristique permet d’y développer des entreprises profitables.

Cap-de-Bon-Désir
Malheureusement, le Cap-de-Bon-Désir est géré par Parcs Canada. Cela signifie que le site est fermé en-dehors de la période du cœur de l’été et la route d’accès est barrée. Il est cependant possible d’accéder à pied jusqu’au phare et aux anciennes installations du gardien et de son assistant.
Un sentier de 375 m permet ensuite de s’approcher du fleuve, d’où l’on peut observer les baleines en saison (mai à octobre). Pour le moment, elles trainent encore dans les Caraïbes !

Tadoussac
Tadoussac, « porte d’entrée » de la Côte-Nord pour qui voyage dans un sens cohérent… La dernière fois que nous avions posé les pieds ici, c’était avant de nous mettre à la recherche d’un premier emploi au Québec…. 1 an et demi plus tard, Tadoussac sera notre dernière halte, là où symboliquement une page se tourne.


Un tout dernier passage en traversier de 10 minutes sur le fjord du Saguenay, et il restera 2h30 de route avant de rejoindre la Capitale Nationale où nous aurons vécu plus de 11 mois.

Restituer la voiture à Communauto après 4030 km de voyage, faire un dernier saut en ville, s’imprégner une dernière fois (?) de la vie à la québecoise… Et même y voir un carré d’herbe verte au pied du château Frontenac, signe qu’il est temps de partir avant les beaux jours ! 😉
Partir avant les beaux jours. Curieuse idée ! 🙂