Après cette semaine aux Îles-de-la-Madeleine en territoire québecois, nous voici de retour, on a presque envie de dire « sur le continent », mais disons plutôt sur une autre forme d’insularité. Bref, de retour sur l’Île-du-Prince-Édouard. Nous sommes bien déterminés à faire le tour de la plus petite Province du Canada.

Points East Coastal Drive
À partir de Souris, nous décidons de boucler l’itinéraire touristique du Circuit côtier des pointes de l’Est.
Direction East Point qui, comme son nom l’indique, est le point de plus à l’est de l’île. S’y dresse un phare de 19,5 m, érigé en 1867. Bien qu’il semble intéressant à visiter, il est évidemment fermé en cette mi-avril. Le vent froid en cette pointe d’où l’on perçoit l’écume sur les eaux du Golfe nous dissuadent d’y rester trop longtemps.


La route 16 longe plusieurs hameaux, fermes et champs de patates en terre rouge.
Nous passons Naufrage, un petit hameau fantomatique -presque abandonné en cette saison, pour faire halte au phare de Shipwreck Point. Construit en 1967, ce phare est toujours en service.

Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard – secteur Greenwich
Pour atteindre le troisième secteur du Parc national, il faut quitter la route 16 juste avant sa fin pour longer la baie de St. Peters. On traverse le village de St. Peters Bay, où l’église est plutôt esthétique.
Nous empruntons le départ des 3 sentiers de ce secteur du Parc. Dès les premiers pas se trouve la reconstitution d’un wigwam (habitation) Mi’kmaq. Construit ici pour transmettre le savoir de ce peuple et nous rappeler qu’il était déjà présent sur l’île 10 000 ans avant l’arrivée des premiers européens.

Le sentier des Dunes de Greenwich (Greenwich Dunes Trail) nous amène vers la plage sur 4,6 km aller-retour. Si la première portion n’est pas intéressante et longe une ancienne parcelle fermière dont il ne reste rien, puis s’enfonce dans une forêt bien abimée, on atteint ensuite un étang sur lequel il faut passer avant d’atteindre la dune -la plus grosse de l’île du Prince-Édouard. Au retour, nos traces de pas ont déjà été effacées par le sable et le vent, preuve s’il en fallait que la dune est mobile.





Le minuscule sentier Havre Saint Pierre ajoute 700 m et permet de s’approcher de la baie St. Peters, où 3 petit bateaux de pêcheur officient.
Central Coastal Drive – Branche sud
Après une nuit à Charlottetown, nous reprenons la route.
Un peu à l’écart de la route 19, le phare de Blockhouse Point n’est accessible que par une route de terre battue gorgée d’eau. Après une glissade qui nous dissuade d’aller plus loin en auto, nous terminerons les 600 mètres à pieds, rappelant à Amandine son travail (en gros, jouer dans la boue).

Au pied du phare, une petite plage offre une vue sur la modeste capitale provinciale, dont aucun édifice ne fait preuve de verticalité. La quiétude des environs est reflétée par le chant des oiseaux et le bruits de vagues de la baie du Charlottetown Harbour.
Passé Victoria (voir paragraphe suivant), on continu par la route 10 avec toujours des villages, d’une taille plus importante qu’à l’est de l’île. Pour chacun, l’organisation des parcelles se répète : le champ de pommes de terres sur la terre rouge, le bâtiment de la ferme, le hangar à patates, et la maison d’habitation au milieu. Et pourtant, chacune est différente.

À Cape Traverse, la vue sur le Pont de la Confédération est impressionnante : on l’aperçoit presque dans son ensemble ! Il va bien falloir le reprendre et quitter cette vie insulaire un peu différente. C’est donc délestés de 50,25 $ que nous franchissons l’ouvrage en direction du continent, donc du Nouveau-Brunswick. Comment était la vie ici avant 1997, quand le Détroit de Northumberland rendait la liaison par traversier aléatoire lors des période de glaces ? Nous sommes nés trop tard pour le savoir, mais en ayant toujours les Îles-de-la-Madeleine en tête, on se l’imagine !
Victoria-by-the-Sea
Victoria, dont la population oscille à chaque recensement presque du simple au double avec 74 habitants (2016) et 139 habitants (2021) habitants, autoproclamée Victoria-by-the-Sea, est un village assez particulier. A vrai dire, on ne sait pas trop quoi en penser.








Les couleurs des bâtisses historiques, et la conservation de celles-ci, lui donne un charme indéniable. Mais n’est-ce pas devenu progressivement un simple village de vacances, avec les services pour touristes dont on force le coté artisanal et local ? C’est à voir, simplement on peut s’interroger par l’absence de promeneurs en cette journée ensoleillée dans ce village où aucun commerce n’ouvre ses portes avant le 15 juin. De fait, la ville semble dépendante de Crapaud, le village voisin.

Excepté ce malaise peut-être infondé, profitons quand même des 3 rues colorées de ce calme village fondé en 1819, situé à l’écart -mais pas loin- des axes principaux de l’île.

L’Île-du-Prince-Édouard en hors-saison, un avis ?
Nous garderons plusieurs images de la Province insulaire (à commencer par cette habitude inhabituelle pour nous de coucher les bacs de poubelle grands ouverts sur le sol après le passage des éboueurs, probablement pour éviter qu’elles ne s’envolent). Outre ses incontournables falaises de grès rouge, sa terre rouge et ses champs de patate, ses innombrables phares, ses plages et ses dunes, nous retiendrons le coté calme et paisible qui y règne -en particulier dans le secteur de l’est, sans doute le plus charmant. Les deux grandes villes, la capitale Charlottetown et Summerside, ne sont pas des incontournables d’un voyage au Canada, mais font de bonnes bases pour explorer les environs. Le Parc national, divisé en trois secteurs, est un peu éparpillé, et les beautés de ses paysages nécessitent souvent d’emprunter des sentiers d’accès pas franchement intéressants.

Mais l’ambiance semi-insulaire, ce coté plus flegmatique de ses habitants, et la beauté des falaises en font quand même une bien belle destination hors-saison. Avant de partir, on a entendu plusieurs commentaires nous avertissant que les plages ne seraient pas intéressantes : non seulement ce n’est pas entièrement vrai, mais surtout, au vu des multiples installations touristiques, on se dit que c’est plutôt en été qu’elles doivent être bien ennuyeuses !
C’est le moment d’entamer la dernière ligne droite ! Profitez bien, encore.
A très bientôt 🙂