Troisième jour à l’Île-du-Prince-Édouard : nous quittons Summerside, à l’ouest, pour la région centrale. Nous allons rayonner depuis la capitale Charlottetown vers les deux secteurs centraux du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (Prince Edward Island National Park).

Kensington
Premier arrêt à seulement 10 minutes de route de Summerside : Kensington.
Principale attraction, l’ancienne gare de chemin de fer de 1905 (Kensington Train Station) est toujours présente en ville. Cet édifice détonne sur l’île, construit avec des pierres du Nouveau-Brunswick -le grès rouge de l’île étant trop friable. À l’époque, la voie ferrée elle-même manquait de stabilité en raison des sols sableux.

Des pancartes très intéressantes sur l’histoire du chemin de fer, sur l’île et sur l’agriculture d’avant-guerre jalonnent le sentier. On y apprend entre autre que la dette contractée suite aux dépassements de coût lors de la construction du chemin de fer a été l’une des raison qui ont précipité la colonie d’alors à rejoindre la Confédération en 1873. Il faut dire que le tracé et la longueur maximale n’avaient pas été délimité dans le projet de construction en 1871 : dès lors, entre lobbying politiques pour que les gares soient construites dans telle ou telle communauté, et arrangements entre entrepreneurs, le budget explosa rapidement ! [Plus d’infos…]
Aujourd’hui, l’ancien chemin de fer, démantelé en 1989, est devenu le Sentier de la Confédération : un sentier de randonnée et de vélo de 273 km à travers l’île.
Outre de nouvelles informations sur la culture de la pomme de terre, on apprend aussi que Kensington vit naître en 1971 le premier silo à grain du pays à l’est du Manitoba ! On adore ces anecdotes 😉

Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard – Secteur Cavendish
Le sentier Homestead nous amène sur 6 km à travers une forêt -grandement rasée par le tempête Dorian en 2019- puis le long de la baie New London. Malgré la pluie persistante et la brume, certaines portions offrent une vue superbe sur la baie et les plages de grès rouge.






Après un lunch au sec dans la voiture, nous nous dirigeons vers la plage de Cavendish Beach. Le sentier Dunelands nous amène en 1 km seulement au point de vue Oceanview, au bord de la falaise de grès rouge. L’érosion de la falaise est si importante que certains éboulis semblent tout récents !





De l’autre bord, la plage Cavendish offre de belles vues sur la dune adjacente. La brume ajoute une ambiance envoutante, avec les eaux du Golfe du Saint-Laurent qui s’enfonce dans le brouillard…




North Rustico Harbour
Avant de rejoindre Charlottetown pour 3 nuits, nous faisons halte à North Rustico, village portuaire d’environ 650 habitants.

Même si la flotte de pêche n’est pas encore à l’eau en cette fin mars, on peut fouiner vers la zone des baraquements de pêcheurs.







Charlottetown
La ville qui est aujourd’hui la capitale provinciale est nommée en l’honneur de la Reine Charlotte, consort du roi George III (1738 – 1820) et grand-mère de Victoria.
Avec 83 000 habitants, son aire métropolitaine accueille près de la moitié de la population de la Province (environ 40 000 habitants pour la ville).
La ville est célèbre pour avoir accueillir en 1864 la Conférence de Charlottetown, initialement pour discuter d’une possible union des Maritimes : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard. Mais des représentants de la Province of Canada (le Québec et l’Ontario actuel), pas même invités, ont fait tourner les débats vers l’union de toutes les colonies de l’Amérique du Nord britannique.
Ironiquement, non-seulement l’intérêt de la population à cette date était plutôt attiré par la présence en ville d’un cirque, empêchant les représentants politiques de se loger dans des hôtels tous complets, mais en plus l’Île-du-Prince-Édouard a finalement refusé l’adhésion au nouveau pays en 1867. Refus provisoire bien sûr, puisque elle a du revenir sur sa décision en 1873 pour éviter la faillite et garantir des transports fiables avec le continent (voir plus haut l’affaire du chemin de fer de la PEI Railway !). Mais on doit à cette conférence la devise de l’Î.-P.-E. que l’on retrouve sur toutes les plaques de véhicules : Birthplace of Confederation (« berceau de la Confédération »).
Malgré une météo capricieuse, nous errons entre Prince Street, Queen Street et Pownal Street en passant par Victoria Row, Dorchester Street, l’hôtel de ville et la Province House (qui sert habituellement de siège à l’assemblée législative de la province lorsque le bâtiment n’est pas en travaux).







Malgré la saison et le vent particulièrement mordant, il convient de revenir pas la marina -déserte.

Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard – Secteur Brackley-Dalvay
Disons-le tout de suite, la deuxième des trois zones du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard est moins intéressante que sa voisine de l’ouest. Les principaux points d’intérêts seront les plages, ainsi que constater les ravages occasionnés par la tempête Fiona en 2022.
Nous stationnons à Brackley Beach, pour partir à pied vers Robinsons Island (3,5km aller) : l’ancienne route qui longeait la dune, arrachée par la tempête, ne sera pas reconstruite et est en train d’être transformée en sentier piéton. Honnêtement, mis à part le vent froid désagréable de face, on se demande par quelle insanité il pouvait y avoir une route sur cette étroite bande entre la dune et la Baie de Rustico…


Le sentier du tour de l’île Robinson, d’environ 3 km, n’est pas un incontournable ! Mais enfin il offre deux points de vue sur des plages de galets de grès rouge, et permet de constater que plus un arbre n’est entier dans cette partie du parc…


Retour par la plage de Brackley Beach, où la dune de sable jaune remplace subitement le grès rouge typique de l’île auquel on commençait à s’habituer.




Nous reprenons la route en longeant le Golfe du Saint-Laurent par la Gulf Shore Parkway.

Non-loin de Stanhope, le petit phare de Covehead Harbour trône derrière la dune. Construit seulement en 1967, sa hauteur est des plus modeste avec 8,2 m de haut. Les vents ont recouvert la passerelle d’accès à la plage a tel point qu’on a l’impression de marcher sur la dune -ce qui n’est pas le cas et est évidemment interdit.




Retour à Charlottetown par Dalvay et la route 6, où les fermes et les hangars à patates reprennent leurs rôles traditionnel sur l’île.

Paysages assez désolés, temps brumeux, venteux et pluvieux, Pas vraiment gâtés par votre dernier périple au Canada ! Espérons que tout cela va s’améliorer sur les îles de la Madeleine ! Mais enfin, vu leurs noms, il est à souhaiter que vous n’allez pas pleurer autant qu’elles ! ;o)