Retour à Whitehorse sous un ciel plus clément, et dépourvu de smog : après 2 semaines, le feu de forêt à 50 km à l’ouest s’est calmé, nous offrant la ville sous un nouveau jour. Pas suffisant pour nous convaincre, mais assez pour pouvoir apprécier ce passage forcé (le changement de pneus de l’auto devenant juste indispensable !).

MacBride Museum of Yukon History
Et pour commencer, quoi de mieux que le musée du Yukon pour patienter pendant que l’auto se fait changer les semelles ?
Quelques rappels sur les 14 Premières Nations du Yukon, sur les bateaux à roues arrière, sur la ruée vers l’or du Klondike, l’installation du télégraphe et des premières radios puis le développement du Territoire… Même si certaines salles mériteraient une remise au goût du jour, le musée est assez complet, et permet de mettre en reliefs des éléments rencontrés lors de ces 2 semaines passées au Yukon.

Miles canyon
Il aurait été dommage de quitter définitivement Whitehorse sans un passage au Miles Canyon, où s’engouffre le fleuve Yukon de ses eaux bleues turquoises. C’est seulement 5 km avant la ville, qu’il traverse avec une toute autre teinte grise.

Entre les deux se tenaient les anciens rapides de White Horse, qui ont jadis donné leur nom à la ville. En effet, lorsque les premiers colons aperçurent les remous affolés de ses eaux, ceux-ci pensèrent à la crinière d’un cheval blanc au galop. Aujourd’hui, un barrage a été construit et le niveau de l’eau est monté, ce qui rend la navigation moins incertaine, en plus d’être une source d’électricité exploitée par Yukon energy. Vous avez dit « pleine nature » ? 😉



Pour profiter du Miles Canyon, un pont suspendu franchit le fleuve, puis deux sentiers (Upper et Lower trail) offrent une boucle d’environ 2,5 km. C’est l’incontournable à proximité immédiate de la ville !
Takhini Hot Springs
À 20 km au nord de Whitehorse se trouvent les sources chaudes de Takhini.
Le lieu, aménagé comme un spa, utilise directement l’eau chargée de minéraux. 40C pour l’eau des 3 bassins, à peine trop chaud pour y rester plus de 10 minutes. Ça tombe bien, c’est la durée recommandée. Douche froide (ou seau renversé, c’est au choix), suivi de repos en salle ou en extérieur. Puis on recommence, le minimum recommandé étant de 3 cycles. Détente assurée, ou comment récupérer de la fatigue physique en seulement 3h et sans dormir !
À 40$ l’entrée, c’est moins cher que l’ostéopathe, et bien moins cher que le Strom Spa à Québec (en plus d’être bien moins achalandé !). À faire.
Départ…


Bilan de 2 semaines dans le Yukon
…ou comment un projet de 2 mois dans le Yukon se transforme en 2 semaines !
Notre partie préfèrée du Yukon ? L’Alaska !
Et on ne plaisante qu’à moitié ^^. Non, on a vraiment aimé l’ambiance particulière de Dawson City, le Parc National Kluane ou même le secteur de Carcross.
On aurait probablement adoré le Parc Tombstone si une route revêtue avait permis de l’atteindre. Et la route vers Haines est également d’une beauté sans nom -même si la portion la plus belle se trouve, officiellement en Colombie-Britannique, aléas du traçage des frontières à la règle dans des bureaux.
Comme dit Amandine : on aurait adoré adorer le Yukon. Probablement l’a-t-on trop idéalisé. À notre avis, qui n’engage vraiment que nous, les promesses d’accès aux grandes étendues et à la pleine nature sont surfaites, à moins de disposer d’un véhicule tout-terrain et d’aimer conduire des heures, et même des jours durant. Car oui, les routes sont tantôt superbes, tantôt magnifiques, entre fond montagneux et épilobes (fleur emblème du Yukon), forêt boréale et taïga, larges lacs et modestes ruisseaux… du moins en l’absence de smog !
Néanmoins, le fleuve est là, toujours sauvage, et de nombreux lacs aux couleurs différentes parsèment le territoire. L’Histoire est bien présente également, avec un rappel à la ruée vers l’or de 1897-1898 presque partout où l’on se trouve. Car c’est bien cette ruée vers l’or qui a façonnée le territoire que l’on connaît aujourd’hui.
Finalement, on ne sait pas au juste ce qu’on était venu chercher au Yukon. Peut-être l’air pur tant fantasmé ? L’arrivée à Whitehorse sous les feux de forêt n’a pas aidé. Et les distances énormes pour atteindre le Territoire nous avaient épuisé. S’ajoute à ça la recherche d’emploi compliquée après la mi-juillet pour des postes qui auraient pu nous motiver ailleurs qu’à Whitehorse.
Une lueur s’était pourtant réveillée à Haines Junction : la ville recrute, et le secteur est superbe -même si la ville ne l’est pas. Mais nous n’avons pas persévéré, signe sans doute qu’au fond de nous, ce n’était pas le lieu. On l’a déjà dit, mais si on avait eu le droit de travailler à Juneau (Alaska), le contexte aurait été tout autre !
C’est donc avec un brin de regret que l’on quitte ce coin que les Canadiens appellent parfois « le nord ». Heureux de mettre des images sur ces grands noms de la géographie : Yukon, Dawson, Alaska. Heureux de mieux comprendre le contexte de la ruée vers l’or du Klondike. Juste déçus de n’avoir pas pu, ou plutôt pas su, y rester aussi longtemps qu’on l’avait initialement pensé.
Où l’on ressort cette bonne leçon de notre PVT Nouvelle-Zélande : les plans sont faits pour être changés !
Prochaine étape : probablement Victoria, sur Vancouver Island : retour vers l’Océan Pacifique, 6 ans presque jour pour jour après l’avoir quitté, justement en Nouvelle-Zélande !
À bientôt 🙂
Il est des noms qui font rêver, tout simplement. Et on va à la rencontre de ses rêves. Quelques fois, on les trouve, on les vit. Et d’autres fois, peut-être le plus fréquemment, on ne trouve pas. Finalement, c’est ça, la vie. Mais pour savoir, il faut essayer.
C’était la réflexion profonde du matin 😂
Ou sinon retour au Québec ? 😛