Après le Parc National de Banff et la route Icefields Parkway, nous arrivons dans le second parc le plus emblématique des Rocheuses canadiennes. Profitons-en pour rentabiliser nos passes annuels Parcs Canada !
Le Parc National de Jasper est divisé en 5 secteurs : Jasper et ses environs, Vallée de la Maligne, Mont Edith Cavell, et Promenade des Glaciers (Icefields Parkway). Le dernier, le secteur-est Miette étant fermé suite à une coulée de boue sur la route, cela nous supprime cette partie -ainsi que les sources chaudes. De quoi se concentrer sur le reste 😉
Secteur Jasper
Nous débutons notre exploration du Parc national de Jasper par le Sentier de la Vallée-des-Cinq-Lacs. Une boucle de 4,6 km permet de passer d’un lac à l’autre. Comme le nom l’indique, il y a bien 5 lacs, même si le Fourth Lake et le Third Lake sont reliés par un petit ruisseau le jour où nous y sommes. Le plus grand, le First Lake, ébloui par ses eaux limpides et bleues azures.


La petite faune est présente : papillons, libellules, écureuils et spermophiles, c’est un petit festival. Le sentier est fréquenté mais, malgré un stationnement à flux tendu, la promenade reste agréable. Les lacs ont chacun leur cachet propre, et il est possible d’y tremper les pieds : température raisonnable qui permettrait même de se baigner un bref instant !


Après cette mise en bouche, direction la ville : Jasper. Située à 1062 mètres d’altitude, elle héberge moins de 5 000 habitants permanents. Son développement s’est organisé d’abord autour de la gare, à une époque où l’avis des peuples autochtones qui vivaient sur ces terres n’était pas pris en compte, puis plus récemment dans le respect de ceux-ci. La voie ferrée accueille toujours la ligne passager du Canadien, le Toronto – Vancouver, en plus du passage du fret.

La localité, plutôt petite, ne semble pas désagréable. On a l’impression d’être dans une station de ski des Alpes, mais en été. À vrai dire, on pourrait songer s’installer là pour l’été, et c’était même l’une des alternatives envisagées. La seule véritable difficulté consisterait alors à trouver un logement ! Si l’on dégotait un emploi non-logé, il serait presque impossible de trouver où dormir…

Il est 17h passé, nous poussons jusqu’au Lac Pyramid. Réputé saturé en heure de pointe, il ne l’est pas quand nous arrivons, même si la fréquentation est élevée. Un court sentier de 600 m amène faire le tour de l’île Pyramid, reliée à la berge par une passerelle en bois. Les vues sur le Mont Pyramid, qui donne son nom au lac, et sur le Mont Edith Cavell, seul sommet enneigé visible, méritent le détour.

Retour au camping : c’est l’afflux de wapiti ! Un petit groupe paît tranquillement entre les différents emplacements, grignotant quelques pousses d’arbres. Il resteront prêt de 2 heures dans les parages.

Toujours proche de Jasper, le Sentier du Lac-Beauvert fait le tour de ce lac en 3,4 km sur un terrain plat. Exceptée la portion qui longe un terrain de golf, on est vraiment au plus proche du lac, avec vues sur les montagnes environnantes -bien que noyées dans une brume assez épaisse. On passe sur les terrains du Jasper Lodge, l’hôtel local du groupe Fairmont. Si la visée est la même qu’à Lake Louise, on est dans une architecture bien plus proche de l’ambiance des lieux, avec beaucoup d’éléments en bois. La promenade ne demande pas d’effort et on est assez en paix sur la majeure partie du sentier.

Un lac, une vue sur les montagnes, un drapeau rouge et blanc : pas de doute, on est en Suisse ! Ah, on me souffle que la location de canoës est à 99$ l’heure. Wait… canoë ? ^^

Après en avoir fait le tour, baignade obligatoire dans le lac. L’eau est loin d’être chaude, mais ça se supporte quelques instants 😉
Secteur Vallée de la Maligne
Sentier du Canyon-Maligne de 4,4 km aller-retour. Le sentier longe le canyon et 5 ponts sont aménagés, pour profiter de vues différentes. Le second pont domine le canyon de 51 m de haut. Compter quand même 2 heures pour vraiment profiter du canyon.




Canot sur le Lac Maligne . Nous sommes au Canada, dans les Rocheuses, et sur un lac : malgré le prix prohibitif, tous les ingrédients sont réunis pour faire du canot ! Une petite croisière part du même embarcadère, mais nous feront ça à la force des bras.

Le lac, tout en longueur, s’élance sur 22 km. On n’ira pas jusque là en 3h 😉

Nous sommes prévenus, il faut éviter de chavirer : l’eau est à 4°C ! On s’élance face aux montagnes environnantes qui nous guettent, passant plusieurs anses bordées de sapin. Le lieu est majestueux, et calme -du moins entre 2 passages de navettes-croisières. Prévu pour une durée de 3 heures, on rebrousse naturellement chemin après 1h30. Manque de bol, 30 minutes avant le retour prévu, le vent se lève… un bon gros vent de face, qui génère des vagues pas mal hautes qu’on a parfois du mal à prendre de front. Pendant 20 minutes, nous n’avançons que de quelques mètres… 40 minutes de retard, épuisés, la seule remarque sera « vous êtes en retard mais on vous facture pas ». Niveau sécurité, un zéro pointé.



Au retour, un arrêt au niveau du lac Medicine. Imposant lac s’étirant sur 7 km de long, bordé de rochers, il présente une particularité géologique : en effet, son niveau fluctue énormément selon les saisons. Il faut dire que l’eau ne s’en écoule pas sous forme de rivière, mais « disparaît »… Durant le XXè siècle, tout a été fait pour dompter ce lac car un service de traversier y était alors en fonction : rien à faire ! Ce n’est que récemment qu’il a été compris que ces eaux « réapparaissent » 17 km plus loin. En fait, la raison est simple : la roche au fond du lac absorbe l’eau, à une vitesse différente selon la saison, et cette même eau ressort en alimentant une rivière.


Sur la route du retour, nous apercevons un ours qui déambule tranquillement 😉
Secteur Mont Edith Cavell
Le mont Edith Cavell, plus haut sommet des environs immédiats de Jasper, culmine à 3 363 mètres. A ses pieds, le Sentier des Prés-Cavell s’étire sur seulement 1,2 km, et permet d’approcher l’étang Cavell, petit lac glaciaire où flottent des mini-icebergs, en offrant des vues sur les glaciers Cavell et Angel. Des chutes d’eaux sortent de dessous le glacier Angel pour alimenter directement le lac.



Au sol, la vallée creusée par le glacier pendant des millénaires avant son récent retrait est bien visible. Les sapins commencent à pousser de-ci de-là, ramenant peu à peu à la vie ce paysage semi-lunaire.


On pourrait rester des heures à contempler ce monde de glace et de roches ! Pour la première fois depuis qu’on est entré dans le secteur des Parcs Nationaux de Banff et Jasper, on se sent vraiment à la montagne, sans la présence sonore de la circulation routière.


Jasper Skytram
Pour terminer en beauté notre visite du Parc National de Jasper, quoi de mieux que de monter au sommet du Mont Whistler à bord du Skytram, le téléphérique ?
N’ayant pas réservé, ce sera 2 heures d’attente à la base. Heureusement le coin est équipé de tables de pique-nique où s’installer -et où avancer sur la rédaction du présent article 😉 .
La montée dure 7 minutes, durant lesquels le chef de cabine nous donne diverses informations sur le téléphérique, sur la ville de Jasper, et sur les espèces animales et végétales qui s’adaptent au climat difficile et changeant à cette altitude.

Malgré une légère brume due aux incendies qui font rage plus au nord, les sommets alentours et la vallée sont dégagés.
Sur 1,2 km, le sentier menant au sommet (2 463 m) nous mène à travers la toundra jusqu’à des vues majestueuses. Les 5 premières minutes demandent un peu d’adaptation respiratoire, mais on s’adapte vite à cette altitude moyenne. On distingue bien la limite de vie des sapins en contrebas : au sommet, la rocaille et les herbes rases dominent le paysage. Les spermophiles à mantes rayés, sorte de petit écureuil à rayure, se sont adaptés également.




La ville de Jasper, la Vallée des Cinq-Lacs, le lac Pyramid, le lac Beauvert et le mont Edith Cavell : on retrouve les sites majeurs de nos excursions des derniers jours. Admiré sous un angle différent, s’y ajoutent les superbes formes du Mont Terminal (2 835 m) et la vallée du Mont Robson.


Puisqu’il fallait réserver l’horaire de trajet retour, nous avions prévu 3 heures au sommet : ce sera correct, mais 20 ou 30 minutes supplémentaires auraient été agréables. En effet, s’ajoute au sentier quelques détours où profiter davantage des paysages envoûtant du sommet rocailleux enduits de lichens et des sommets enneigés des alentours.



Conclusion : un incontournable qui, avouons-le, vaut quand même de se faire délester de 62 pièces ^^
Les Rocheuses ?
Le Parc National de Jasper a ceci d’agréable qu’il est moins saturé que celui de Banff. Si la fréquentation est élevée, les lieux encaissent pour le moment cet important flux touristique. La petite ville fait « vraie », même si elle est dominée par les hébergements temporaires. D’ailleurs, seules les infrastructures du camping sont saturées (3 douches par lot de 60 sites, on a vu mieux).
Nous, on se demande toujours si les autres parcs nationaux et provinciaux des Rocheuses ne mériteraient pas davantage de publicité, histoire de répartir les flux.

Après avoir prévu 3 nuits sur place, nous en avons ajouté une quatrième, preuve qu’on pourrait s’y sentir bien en choisissant bien son secteur.

Mais après presque 4 jours et demi il est temps de reprendre la route ! De superbes vues se succèdent le long de la route vers l’est, jusqu’à la bifurcation vers le secteur de Miette : s’enchaînent des dizaines de lacs de tailles et de couleurs variées, alimentés par la rivière Athabasca, toujours sur fond montagneux.
Si nous ne partions pas vers le Yukon, nous aurions quand même fait un saut au Parc Provincial du mont Robson, du coté de la Colombie-Britannique, 90 km seulement plus à l’ouest. Il faut faire des choix ! Plus que 1 900 km avant Whitehorse, nous n’en avons pas fini avec la chaîne montagneuse des Rocheuses !
Nous quittons le Parc National de Jasper en arrivant au niveau d’Hinton. Pas d’entrée dans la ville : « Scenic route to Alaska« , c’est à gauche !

Superbe, évidemment.
40 mn de retard pour le canoë…resquilleurs ! Et on se plaint de la SNCF…😊
Vraiment trop beau les Rocheuses !!!!!
Toujours de merveilleux paysages , mais qu’elle aventure!
J’avais adoré Jasper. Je vous plus authentique que Banff