Allons-y tout de suite : 80% des espèces végétales en Aotearoa Nouvelle-Zélande est endémique ! Ce qui veut dire qu’on ne les trouve tout simplement nul part ailleurs au monde.
Si les premiers colons européens ont passé la majeur partie de leur temps à défricher cette flore exceptionnelle pour des raisons aussi variées que construire leurs villes, faire paître leurs moutons, ou « apporter la civilisation », la prise de conscience du XXème siècle aura quand même permis la création de 14 parcs nationaux protégés couvrants désormais 12% du territoire, ainsi que de nombreux parcs régionaux ou forestiers.

Définitions
La forêt indigène, ou native bush : ce terme regroupe un peu tout ce qui ressemble à une forêt dont la majeur partie des plantes sont natives. Environ ¼ du pays en est recouvert.
La forêt humide, ou rainforest, se parcours essentiellement sur la côte ouest de l’Île du Sud : de par les précipitations abondantes, l’ambiance est assez sensationnelle. La végétation et le sol sont souvent recouverts de mousses, et les arbres se tortillent vers le ciel.
Les beech forest, ou forêt de hêtres, sont des forêts humides qui comptent une importante quantité de hêtres en leur sein. Elles représentent environ deux tiers des forêts natives. Les plantes environnantes savent tirer partie de cette domination des hêtres.

Les arbres
Kauri
Utilisé dans la fabrication des waka (canoë) par les maoris, puis intensivement exploité par les colons européens du XIXème au milieu du XXème siècle du fait de leur qualité comme bois de construction, les imposants kauri (comptez parfois plus de 50m de haut) se sont aujourd’hui raréfiés. Endémiques au-dessus du 35° Sud, il est néanmoins toujours possible d’en voir, bien sûr dans la Waipoua Forest dans la région du Northland (sauvée du fait de son éloignement), mais il reste aussi quelques spécimens sur la Péninsule de Coromandel. Ces spécimens ont souvent plus de 1000 ans, parfois même 2000 ans, et abritent souvent un véritable éco-système animal comme végétal du fait de leur immensité. Ils sont aujourd’hui protégés, d’autant plus que leur extrême sensibilité aux maladies et la fragilité de leurs racines peu profondes les rend vulnérables. Lorsqu’ils sont plus jeunes, ces arbres forment une petite pyramide assez similaires à nos sapins de noël. Une fois atteint leur taille adulte qui leur permet de dominer la forêt et de capter le soleil, ils se stabilisent et prennent leur forme massive.
Manuka et kanuka
Le manuka sert à tout : faire du miel (le meilleur au monde, mais ça n’engage que moi), fumer du jambon, ou même fabriquer des pagaies pour les waka. Ses feuilles ont même été utilisées par les premiers colons européens comme substitut au thé. Sous cette dénomination se cachent en fait 11 sous-espèces. On tend parfois à confondre le manuka et le kanuka, en raison de leurs usages similaires. Tous deux ont de fines feuilles aromatiques et produisent des fleurs blanches en été, et tous deux ont des facilités à pousser dans les endroits où le bush a été détruit.
Flax / harakeke
Très commun bien qu’endémique de Nouvelle-Zélande, le flax / harakeke se caractérise par des belles fleurs rouges en été. Ses longues feuilles vertes jaillissent jusqu’à 3 mètres vers le ciel . En automne, ses fleurs deviennent plus foncées et ternes, mais on continue de bien le distinguer. « Flax » est le mot anglais pour « lin » : la plante a été nommée ainsi par les colons en raison de la ressemblance de ses fibres avec celles de son homonyme.

Pōhutukawa (« New Zealand Christmas Tree »)
L’« arbre de noël de Nouvelle-Zélande » se couvre de petites fleurs rouges en particulier durant l’été, de décembre à mars, ce qui lui vaut son surnom. Son représentant de 800 ans à Cape Reinga, sacré pour les maoris, ne fait quand à lui jamais de fleurs (mais guide les esprits vers le monde souterrain)…

Cabbage tree / tī kōuka
Ces arbres extrêmement répandus forgent à eux seuls le paysage néo-zélandais. De 12 à 20 mètres de haut, leurs longues feuilles sont typiques et utilisées par les maoris pour la médecine et la nourriture. Il s’agit de l’espèce native la plus exportée en Europe et aux États-Unis.

Nikau palm
Typique du bush, le seul palmier endémique de Nouvelle-Zélande est aussi le palmier parvenant à vivre le plus au sud du globe puisqu’on peut en trouver dans les zones tempérées allant jusqu’au 44ème parallèle sud. Le nikau était très utile aux maoris pour la cuisson, la confection d’ustensiles, de paniers ou de containers. D’environ 10 à 15 mètres de haut, celui-ci s’est vu réduire son habitat par l’homme puisqu’il se plaît dans les forêt les plus proches des côtes.

165 espèces pour 1200 types de fougères !
Ahhhh les fougères (fern) ! Véritable symbole du pays, celle-ci figure sur les maillots de la fameuse équipe de rugby des All-Blacks, et a même failli finir sur le drapeau en 2016 pour remplacer l’Union Jack britannique (avant qu’il ne soit choisi par référendum de conserver l’ancien).
Les fougères sont un groupe d’espèces principalement tropicales, et il est très étonnant qu’un si grand nombre d’espèces pousse en Nouvelle-Zélande avec un climat tempéré -bien que 40% des espèces mondiales de fougères soient justement endémiques de Nouvelle-Zélande. Bref, ce qui interloque les scientifiques n’empêche pas de savourer des yeux !
Petit point anglais : pour les fougères, les feuilles (normalement leaves) en dentelure sont appelées fronds.
Les maori appellent la pousse de feuille de fougère, populaire motif qui s’enroule : koru.

Les fougères sont sensibles aux brusques changements climatiques. En effet, elles ont besoin de forêts humides, chaudes ou plus fraîches (autre variation de l’anglais : damp = humide et frais ou humid = humide et chaud). En cas de déboisement partiel, un vent sec qui s’engouffre ou davantage de soleil qui tape peuvent leur être fatales.
Les principales catégories de fougères, si on les classes suivant la forme de leur pousse, sont les suivantes :
- tree ferns (arbres)
- tufted (en touffe)
- creeping (rampantes)
- climbing (grimpantes)
- perching (perchées)

Malheureusement, même en tentant de se plonger un peu dans tout ça, nos connaissances en biologies ne sont clairement pas suffisantes pour en écrire davantage, tant les espèces sont nombreuses. Mais nous sommes quand même capables de reconnaître celles poussant en étant des arbres (tree fern) de celles qui poussent à même le sol ! 😀
Tree ferns : Le plus grand des tree fern, le mamaku, peut atteindre 20 m de haut.
Quant à la silver fern (ou ponga en maori), le symbole national, elle est nommée ainsi en raison de sa couleur argentée en-dessous des feuilles.

Et les autres ?
Ce que nous prenions au début pour un roseau et qui fait partie intégrante des paysages côtiers et des plages pourrait bien être le Toetoe (ou parfois toitoi). Il est également endémique, mais ressemble à des plantes importées d’Amérique du Sud qui, elles, sont considérées comme pest (nuisibles). Allez savoir laquelle est la plus fréquente… en tout cas, en voici un spécimen.

Bien sûr, les espèces de plantes endémiques sont encore nombreuses sur ce pays. De la Mount Cook lily au kōwhai en passant par le ngutu kākā, nous n’avons malheureusement pas les connaissances pour vous apprendre quoi que ce soit d’utile sur leur existence. Si quelque lecteur souhaite se lancer dans la traduction d’articles en anglais sur les végétaux, qu’il se signale !
Source
Le site du DOC (Department of Conservation / Te Papa Atawhai), toujours !
http://www.doc.govt.nz/nature/native-plants/
