Wildlife
Avant l’arrivée des colons européens, Aotearoa était tout simplement dépourvue de mammifères terrestres (excepté une espèce de chauve-souris).
Cet article sur la wildlife de Nouvelle-Zélande ne sera pas le moins du monde scientifique en raison des dizaines d’heures que demanderait une telle approche, mais vous pouvez vous documenter sur certaines espèces si ça vous intéresse !
Ce petit article a donc surtout pour but de vous montrer que la Nouvelle-Zélande, c’est génial, ne serait-ce que pour sa wildlife.
Native birds (oiseaux natifs)
Au vu du nombre impressionnant d’espèces d’oiseaux en Nouvelle-Zélande, nous allons lister ici seulement quelques oiseaux que nous avons l’habitude de voir, où dont nous avons beaucoup entendu parler. Malheureusement, la plupart des oiseaux natifs sont aujourd’hui classées endangered species, en danger d’extinction sur le plus ou moins long terme.
La raison est simple : isolée du reste du monde depuis sa séparation du super-continent Gondwana il y a 80 millions d’années, les îles de Nouvelles-Zélande sont devenues en l’absence de prédateur le paradis des oiseaux ! La plupart des espèces ont donc évoluées et ont perdu l’usage de leurs ailes tandis que leurs pattes grossissaient, devenant incapables de voler. Et voilà que les-dits prédateurs sont arrivés d’un coup, il y a moins de 800 ans (maoris) et, surtout, il y a moins de 300 ans (européens apportant avec eux des espèces volontairement – ou involontairement -rats-)… Sans compter les pertes d’habitats, avec .

Résultat : sur les 40 espèces d’oiseaux incapables de voler vivant en Nouvelle-Zélande il y a 1000 ans, au moins 29 ont à jamais disparues.
Weka
Le weka est tout simplement mon préféré ! Cet oiseau incapable de voler est d’une curiosité sans pareille, ce qui le rend très attiré par l’activité humaine. Ne laissez jamais un objet traîner dans une zone où rôde un weka, il ira voler jusqu’aux chaussures pour les analyser plus loin. Les weka se croisent surtout sur l’Île du Sud, en particulier dans les régions des Marlborough Sound, de Nelson, sur la West Coast et dans le Fiordland.

Kiwi
L’oiseau endémique emblématique de la Nouvelle-Zélande, qui donna son nom au fruit que nous connaissons tous (pour contourner l’impossibilité commerciale de vendre des « Groseilles de Chine » aux États-Unis en pleine guerre froide), est lui-aussi incapable de voler. Essentiellement nocturne, excepté une espèce présente sur Stewart Island, il est aujourd’hui gravement menacé, notamment par les opposums qui mangent leurs oeufs et par les attaques de chiens domestiques. La femelle kiwi ne pond qu’un ou deux œufs par an. Il est également intéressant de noter que l’oeuf du kiwi est le plus gros du monde proportionnellement à la taille de l’animal.
5 espèces de kiwis se partagent aujourd’hui le territoire sans se côtoyer : North Island brown kiwi, Okarito brown kiwi, Southern brown kiwi, Little spotted kiwi et Great spotted kiwi.

Kea
Le seul perroquet des montagnes au monde ! Amateur de joints en caoutchouc de voitures comme nourriture (inutile de préciser que c’est mauvais pour lui), il est assez facile à voir sur les routes menant à Milford Sound (Fiordland) ou à Aoraki/Mt Cook Village.

Pūkeko
La sous-espèce locale de « Poule Sultane » n’est pas vraiment endémique, nous avons d’ailleurs croisé ses cousines en Nouvelle-Calédonie (et appris son nom français par la même occasion). Bon, sérieusement, c’est une grosse poule bleue qui, pour le coup, n’est pas du tout en danger d’extinction.

Takahē
Visuellement facile à confondre avec le Pūkeko de par sa couleur bleue, le takahē est lui-aussi incapable de voler. Si les deux espèces partagent un ancêtre commun, le takahē est lui placé en statut vulnérable à ce jour.

Paradise duck / pūtakitaki
La femelle à tête blanche et le mâle à tête noire se croisent de temps en temps aux abords d’étangs, de cours d’eau, où même dans l’herbe grasse et les pâturages.
Tui
Là aussi emblématique du pays (son nom a même été adopté par une marque de bière), le tui peut se voir un peu partout. Il est particulièrement reconnaissable à ses boules blanches présentent sur sa gorge.

Fantail / Pīwakawaka
Ce petit fou à une tendance à suivre les humains en forêt en raison des poussières qu’ils soulèvent en marchant, rendant accessible les insectes dont ils se nourrissent. Incapable de tenir en place, je vous souhaite bon courage pour le prendre en photo ^^. Lors de ses secondes de calme, il dispose d’une large queue en éventail.
New Zealand Native Wood pigeon (kereru/kuku/kukupa)
En bref : de gros pigeons violets qui vivent dans les forêts !

Oystercatcher (Huîtrier)
Ces oiseaux noirs au long bec orange se croisent souvent sur les plages à fouiller dans le sable, peu perturbés par les mouettes qui les entourent. On peut trouver ses cousins un peu partout dans le monde.

Moa
Finissons sur l’emblématique Moa, oiseau géant (plus de 250 kg) incapable de voler, disparu depuis environ 500 ans du fait de sa surchasse par les Maoris. Pour une fois, les colons européens n’y sont pour rien !
En mer et en bord de mer
Penguins (manchots)
La Nouvelle-Zélande est peuplée par 3 espèces de manchots, dont 2 que nous avons eu la chance d’apercevoir. Le little blue penguin / kororā (manchot pygmé), visible sur toutes les zones côtières du pays mais en particulier vers Oamaru, Dunedin, ou Akaroa, est le plus petit manchot du monde avec ses 25 cm pour 1kg. Le yellow-eyed penguin / hoiho (manchot antipode) peut s’apercevoir la côte sud-est de l’Île du Sud (Otago Peninsula, Catlins Coast, Banks Peninsula). Le fiordland crested penguin / tawaki (gorfou du Fiordland) est présent quant à lui dans le Fiordland, mais nous n’avons pas eu la chance d’apercevoir ses longs sourcils jaunes !
Bien sûr, toutes ces espèces sont en danger.

Seals / kekeno (otaries) et sea lions (lion de mer)
Les otaries sont présentes sur un grand nombre de plages de Nouvelle-Zélande. Peu craintives, elles étaient menacées du fait de la chasse, mais la population tend aujourd’hui à repartir à la hausse avec environ 200 000 individus (nous en avons vu -et senti!- à Cape Palisser et non loin de Westport). Le lion de mer , qui est également une otarie, est quant à lui toujours en déclin et de ce fait menacé au niveau national, avec moins de 10 000 individus dont une majorité sur les îles subantarctiques et seuls quelques-un sur le mainland, entre le Southland et l’Otago (nous en avons vu sur Otago Peninsula et la Catlins Coast).

Gannet (Fou de Bassan)
Nous avons quand même fait une rando de 5h sur la plage à Cape Kidnappers (Hawkes Bay) pour en voir, donc parlons-en : les gannet sont des animaux natifs qui vivent en colonies sur les bords de mer, côtes ou rochers. L’odeur de leurs excréments qui tapissent les sols n’est pas des plus agréables.

Albatros
Alors eux, on n’en a vu que de très loin, puisqu’il faut payer sur Otago Peninsula pour les approcher. Ceci étant, l’envergure de leurs ailes est absolument impressionnante.
Dolphin (dauphins)
Le Hector’s dolphin, plus petit dauphin du monde qui nage uniquement prêt des côtes de l’Île du Sud Nouvelle-Zélande, est reconnaissable à ses marques noires et blanches sur une peau grise. Il côtoie les bottlenose dolphins, dusky dolphins, common dolphins ainsi que les orques.
Y en a-t-il d’autres ?
Weta
En maori, Weta signifie « Dieu des choses laides ». Gros insecte (parmi les plus gros du monde) indigène de Nouvelle-Zélande, aptère et nocturne, le weta se nourri de végétaux et des débris du sol.
Glowworms (ver luisant)
Aller, finissons par le glowworm, petit ver luisant visible dans un bon nombre de grottes du pays (des onéreuses Waitomo Caves en passant par les gratuites Waipu Caves) ou proche des cours d’eau (visibles uniquement la nuit, du coup) ! Tellement mignon, on dirait des étoiles ! 😉
Sheep (moutons)
On ne peut pas vraiment dire qu’ils soient endémiques, ni indigènes, ni qu’ils soient en voix d’extinction. Ils sont quand même un peu indirectement responsable de la réduction des zones humides (wetland) pour les transformer en pâturages, mais bon, ils sont mignons -du moins avec leurs poils. Au niveau statistique, si on comptait 22 moutons pour un habitant en 1982 (3,18 millions d’habitants pour 70,3 millions de moutons), on est désormais plutôt aux alentours de 6 moutons par habitants (un peu moins de 30 millions de moutons pour environ 4,5 millions d’habitants, avec néanmoins une forte disparité entre Île du Nord et Île du Sud).
Les pest : le cas du possum
Les néo-zélandais ont décidé de placer l’opposum, importé d’Australie pour sa fourrure, comme pest (nuisibles et invasives) numéro 1 en raison de sa dangerosité pour les œufs des kiwi, et pour sa concurrence avec ce symbole puisque partageant la même nourriture. Bien que ça puisse nous surprendre, il n’est pas rare de voir des dessins de jeunes enfants avec des possums morts ou appelant à leur éradication. Ils ne sont ni plus ni moins que l’emblème des ravages causés par l’import de mammifères prédateur sur un territoire qui en était auparavant dépourvu. Pourtant, les furets, les hermines, les rats, les chiens et les chats sont tout autant pourfendeurs de kiwis… (et que dire des ravages du pire de tous les mammifères, le plus incontrôlé au niveau des naissances : l’homme ?)
Toujours est-il que, malgré des débats sur les mesures adoptées, le gouvernement (via le DOC), les habitants, et les associations écologistes mènent une guerre sans merci à l’animal (accessoirement protégé en Australie) et que leurs cadavres jonchent les routes. Nous n’en aurons nous-même croisé qu’un seul vivant : il paraît plutôt mignon quand il ne hurle pas !

Sources
Indispensable ressource, le site du DOC (Department of Conservation / Te Papa Atawhai), à visiter absolument si vous comprenez ne serait-ce qu’un peu l’anglais : http://www.doc.govt.nz/nature/native-animals/
mais aussi : http://nzbirdsonline.org.nz/